Le courage de faire la paix en Terre Sainte

lundi le 25 janvier 2010

COMMMUNIQUÉ DE LA COORDINATION DES CONFÉRENCES ÉPISCOPALES POUR LE SOUTIEN DE L’ÉGLISE EN TERRE SAINTE

Le 14 janvier 2010

Jérusalem

Lors de la dixième session de notre coordination, le Patriarche Fouad Twal a réfléchi au  voyage du Pape Benoit XVI en mai 2009 en Terre Sainte. En union avec le Saint-Père, nous lançons un appel à la justice et à la paix pour tous les peuples de cette Terre. Nous faisons nôtre l’appel final du Pape :

« Aucun ami des Israéliens et des Palestiniens ne peut éviter d’être triste de la continuelle tension entre vos deux peuples. Aucun ami ne peut éviter de pleurer à  la souffrance et aux pertes en vie humaine que les deux peuples ont endurées durant les six dernières décennies. Permettez-moi de lancer cet appel à tous les peuples de ces régions : plus d’effusion de sang ! Plus de combats ! Plus de terrorisme !   Plus de guerre ! Brisons plutôt le cercle vicieux  de la violence. Que s’établisse ici une paix durable basée sur la justice, que s’établissent ici une réconciliation et une guérison véritables. Que soit universellement reconnu le droit de l’État d’Israël à exister et à jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement reconnues. Et que soit de même reconnu que le peuple palestinien a le droit à une patrie souveraine et indépendante, de vivre avec dignité et de se déplacer librement. Que la solution de deux États devienne une réalité, et ne reste pas un rêve. Et que la paix jaillisse de ces terres, que celles-ci soient « lumière des nations » (Isaïe 42, 6), apportant l’espérance à tant d’autres régions affectées par des conflits » (15 mai 2009).

Huit mois après ce voyage, la mise en place de deux États ne semble pas s’être rapprochée. Beaucoup affirment qu’ils désirent la paix mais ce qui est nécessaire aujourd’hui, c’est un engagement en faveur de la justice qui, seule, permettrait une paix sûre. Les responsables connaissent les solutions, mais une volonté politique et le courage sont nécessaires.

Jérusalem, la cité sainte des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans est un lieu extraordinaire où différentes religions peuvent se rencontrer dans le dialogue et le respect ; elle est, malheureusement, devenue le cœur du problème. Les Palestiniens et les Israéliens s’éloignent les uns des autres et l’absence de contact humain sape la confiance et le dialogue. La violence, l’insécurité, la destruction des logements, les difficultés d’obtention de visas et de permis, la poursuite de la construction du mur, l’expropriation de terres et d’autres politiques menacent, à la fois, la création des deux États et la présence chrétienne. C’est pourquoi nous encourageons une pleine mise en œuvre de l’Accord fondamental et l’octroi plus facile de visas pour les agents pastoraux qui permettent à l’Église d’accomplir sa mission.

La détérioration de la situation n’est bonne ni pour les Israéliens, ni pour les Palestiniens, ni pour la région, ni pour le monde. Nous voulons œuvrer pour ouvrir les yeux des catholiques sur ce qui se passe en Terre Sainte. Nous appelons les croyants de nos pays à prier pour l’Église en Terre Sainte, pour une paix juste et pour le succès du prochain Synode sur le Moyen-Orient qui sera important pour la région et pour le monde.

Nous encourageons les chrétiens à s’informer sur la situation qui prévaut ici et à y venir en pèlerinage pour témoigner une foi sensible aux « pierres vivantes » de l’Église locale de Terre Sainte – que l’on peut appeler le « Cinquième Évangile ». Nous insistons pour qu’ils soutiennent les personnalités politiques qui prennent des initiatives courageuses pour une solution juste du conflit – une solution comprenant deux États, l’État d’Israël qui doit être reconnu et dont la sécurité doit être assurée ainsi qu’un État viable et indépendant pour les Palestiniens. Pour nous, ceci n’est pas simplement une question politique, c’est une question de défense des Droits humains.

En l’état actuel, il est difficile de conserver l’espoir, mais, comme chrétiens, nous sommes tous nés avec Jésus Christ à Bethléem ; nous sommes tous morts et nous avons tous reçu une nouvelle vie à Jérusalem. En dépit des profondes blessures de cette terre, l’amour et l’espérance y sont vivants. La paix et la justice sont à portée de main, mais les responsables politiques et toutes les personnes de bonne volonté ont besoin de courage pour les atteindre.

Signataires :

Mgr Stephan Ackermann, évêque de Trèves, président de la Commission justice et paix de la Conférence des évêques allemands.

Mgr Peter Bürcher, évêque de Reykjavik, Conférence épiscopale des pays nordiques.

Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry-Corbeil-Essonne, président de la commission justice et paix, Conférence des évêques de France.

Mgr Riccardo Fontana, archevêque d’Arezzo-Cortona-Sansepolcro, Conférence des évêques d’Italie.

Mgr William Kenney, CP, évêque auxiliaire à Birmingham, Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles, représentant de la Commission des Conférences épiscopales de l’Union européenne.

Mgr Gerald F. Kicanas, évêque de Tucson, vice-président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis.

Mgr Pierre Morissette, évêque de Saint-Jérôme, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC).

Mgr Joan-Enric Vives Sicilia, évêque d’Urgel et co-Prince d’Andorre, Conférence des évêques d’Espagne.