Organisme catholique pour la vie et la famille : Les communautés ecclésiale et scientifique discutent de biotechnologie

jeudi le 08 mars 2001

(CECC – Ottawa)… Pour une troisième année, l’Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) a récemment tenu un séminaire sur la biotechnologie au siège social de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), à Ottawa. Parmi les participants, on comptait des scientifiques, des généticiens, des théologiens, des philosophes, des juristes, des évêques et diverses personnes engagées en Église, réunis pour approfondir différentes questions selon une perspective catholique.

Ces rencontres favorisent non seulement la création d’un réseau entre éthiciens et scientifiques mais permettent aussi de comprendre les nouveaux développements dans le domaine de la haute technologie. « Les informations recueillies nous aident à affiner notre réflexion éthique sur les nombreux enjeux et défis que pose la biotechnologie, a précisé Mgr Terrence Prendergast, s.j., archevêque de Halifax et membre de l’OCVF. Les échanges et l’expertise des personnes-ressources contribuent grandement à nos travaux et nous aident à préparer nos interventions publiques en cette matière. »

Quatre sujets ont particulièrement retenu l’attention des participants cette année : le projet du génome humain ; le diagnostic pré-implantatoire permettant de déceler des anomalies génétiques et soulevant la question des bébés à la carte ; la thérapie à partir de cellules souches permettant de pallier le fonctionnement défectueux de certaines cellules humaines ; et la thérapie génique qui consiste à insérer un gène normal dans l’organisme pour remplacer un gène défectueux. Chaque thème a fait l’objet d’une présentation scientifique puis d’un questionnement moral et éthique.

Afin d’aborder ces questions, l’OCVF avait invité les experts suivants : Dr François Pothier, professeur à l’Université Laval et spécialiste de la reproduction animale; Dr Thérèse Leroux, professeure de droit à l’Université de Montréal et spécialiste en biochimie médicale; Dr Bernard Keating, professeur d’éthique à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval ; Dr Amalia Issa, docteure en sciences neurologiques et chargée de cours en éthique médicale à l’École de médecine de l’Université Harvard ; Dr Robert Allore, jésuite, biologiste et généticien ; Dr Bridget Campion, professeure adjoint de théologie morale au Séminaire St. Augustine’s de Toronto ; Dr Richard Haughian, théologien et président de l’Association canadienne catholique de la santé (ACCS); James Roche, analyste des politiques gouvernementales et responsable des relations avec le gouvernement à l’ACCS; Dr Suzanne Scorsone, anthropologue et membre de la Commission royale sur les Nouvelles techniques de reproduction ; Dr Noël Simard, prêtre et professeur d’éthique à la Faculté de théologie de l’Université Saint-Paul, à Ottawa ; et enfin le Père jésuite Ron Mercier, doyen du Regis College, l’école de théologie de l’Université de Toronto et modérateur de la rencontre.

Cette troisième édition a une fois de plus démontré que les questions portant sur les biotechnologies ne doivent pas être débattues seulement par les personnes qui détiennent le savoir, c’est-à-dire les scientifiques, ou par les groupes qui financent les travaux comme les multinationales qui y voient des sources substantielles de profits. « Dans le débat actuel, il faudrait donner une plus grande priorité à d’autres aspects que ceux d’ordre purement économique, a déclaré Richard Haughian, président de l’Association canadienne catholique de la santé. Il est également très important que la population soit bien informée et que des moyens soient mis en place pour impliquer le public en général dans les processus consultatif et décisionnel concernant les enjeux en biotechnologie. »

D’autres inquiétudes ont également été soulevées concernant la réduction possible de l’être humain à son seul code génétique, la production d’embryons humains pour leurs « pièces de rechange ». Avec les découvertes qui se multiplient, quel code génétique ou quel être humain sera considéré comme normal ? Se considérera-t-on coupable de ne pas soulager la souffrance d’un individu, sachant que la technologie pour lui venir en aide existe, si controversée soit-elle? Refusera-t-on d’assurer une personne sachant qu’elle développera éventuellement un cancer?

Mgr Blanchet, archevêque de Rimouski et président de l’OCVF, s’est réjoui de ce que ces rencontres apportent à tous les participants. « Ces questions concernent l’Église tout entière. Je me réjouis d’avoir pu compter sur la présence de spécialistes en biologie et éthique, tout autant que celle de personnes engagées en Église, femmes et hommes, laïcs et prêtres. »

L'Organisme catholique pour la vie et la famille a été fondé conjointement par la Conférence des évêques catholiques du Canada et les Chevaliers de Colomb. Il a comme objectif de promouvoir le respect de la vie, de la dignité humaine et le rôle essentiel de la famille.

Quelques-uns des participants au séminaire : à l'avant-plan, Richard Haughian, président de l'ACCS, Mgr Terrence Prendergast, s.j., archevêque de Halifax. À l'arrière-plan, Mesdames Marie Cameron, de la CWL, Suzanne Scorsone, anthropologiste et Jennifer Leddy de l'OCVF
Le P. Robert Allore, s.j., Mgr Bertrand Blanchet, archevêque de Rimouski et Mme Vivian Bosch, de la CWL

 


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Source : Sylvain Salvas
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