Quand se profile la mort : débat éthique lors du VIe Séminaire de bioéthique de l’OCVF

lundi le 29 mars 2004

(CECC – Ottawa)… L’Organisme catholique pour la vie et la famille a tenu son VIe Séminaire en biotechnologie les 19 et 20 mars dernier, à Ottawa. Évêques, médecins, avocats, éthiciens, théologiens et laïcs réunis par l’OCVF ont discuté d’épineuses questions portant sur la fin de vie.

La trentaine de participants à cette rencontre a entre autres échangé sur des décisions difficiles auxquelles sont confrontés les équipes médicales, les familles et les législateurs quand la fin de la vie se dessine. Quels sont les critères servant à établir la mort? Une personne privée d’alimentation et d’hydratation artificielles souffre-t-elle? Doit-on respecter les volontés du patient qui attend la mort et qui refuse les soins qu’on lui propose? Doit-on donner à une personne qui a déjà bénéficié d’une greffe cardiaque un deuxième cœur si le premier flanche?

Encore cette année, plusieurs intervenants ont fait le constat que la réflexion éthique et morale n’arrivait pas à suivre le rythme effréné avec lequel les technologies se développent. Sitôt une analyse amorcée pour réfléchir à des questions éthiques importantes découlant de progrès technologiques qu’elle tombe déjà en désuétude parce que de nouvelles découvertes poussent le débat vers des horizons encore inexplorés.

À cet égard, certains experts ont exprimé le souhait qu’il faille repenser notre rapport à la technologie. Dans notre société occidentale où les limites technologiques sont sans cesse repoussées, les gens croient que la technologie aura réponse à tout. Comme la machine, l’humain demande qu’on « répare » son corps s’il montre des signes de faiblesse.

Éclairage de foi

Le Séminaire a permis d’aborder sous divers aspects la fin de vie et la mort : faits médicaux, grands principes moraux, débat éthique, décisions judiciaires marquantes, limites de la médecine et définition de la mort. Quelques intervenants ont soulevé la question de l’acharnement thérapeutique et de la volonté de prolonger la vie à tout prix. « N’avons-nous pas parfois l’obligation de laisser la mort suivre son cours naturel quand celle-ci se pointe? Ne pouvons-nous pas honorer la vie d’une personne mourante en passant du temps avec elle, en attente de la mort?, a déclaré Michael Coughlin, consultant en éthique à l’hôpital St-Joseph de Hamilton. « Il peut être même irrespectueux pour la vie de toujours vouloir la prolonger parce que la mort en fait partie! », a-t-il ajouté.

Plusieurs experts ont également jeté un regard de foi sur la fin de vie. « N’y aurait-il pas un sens pascal à la fin de vie où cette expérience de fin de vie peut s’avérer être un passage? », s’est interrogé Noël Simard, prêtre et directeur du Centre d’éthique de l’Université Saint-Paul, à Ottawa.

Pour sa part, le docteur Nuala Kenny, religieuse et pédiatre, croit que l’Église peut avoir un rôle à jouer face aux défis éthiques et moraux suscités par la fin de vie. Elle avoue que notre Église aurait tout intérêt à inviter à une réflexion en profondeur sur le sens de la vie. « Quand on s’acharne à vouloir prolonger la vie d’une personne en utilisant tous les moyens mis à notre disposition, n’y a-t-il pas là une injustice? Il existe un paradoxe auquel peu de gens réfléchissent : d’un côté, on prolonge et sauve la vie des gens alors que de l’autre, on ne fait pas tout ce qui est possible de faire en matière de justice sociale, comme enrayer la pauvreté des enfants par exemple», a-t-elle dit.

Ce séminaire annuel s’inscrit dans une démarche de l’OCVF voulant lui permettre de mieux débattre les enjeux éthiques et moraux découlant du développement des nouvelles technologies et favoriser le maintien d’un réseau entre éthiciens et scientifiques. Au cours des dernières années, les participants ont entre autres abordé des sujets tels que la production d’embryons, les cellules souches, la xénotransplantation, les bébés à la carte et la brevetabilité des formes de vie supérieure.

L'Organisme catholique pour la vie et la famille est parrainé conjointement par la Conférence des évêques catholiques du Canada et les Chevaliers de Colomb. Il a comme objectif de promouvoir le respect de la vie, de la dignité humaine et le rôle essentiel de la famille.

 

Forum - Biotechnologie
Quelques participants au Forum 2004 (de gauche à droite) : Mme Marie Cameron, présidente de la Catholic Women's League (CWL), Mme Suzanne Scorsone, diocèse de Toronto, Mgr Terrance Prendergast, S.J., archevêque de Halifax, Mgr Bertrand Blanchet, archevêque de Rimouski, et Mme Laurette Noble, de la CWL

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Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
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