Semaine de prière pour l’unité chrétienne : Perspective catholique pour l’engagement oecuménique

jeudi le 15 janvier 1998

(CÉCC – Ottawa) … La semaine de prière pour l'unité chrétienne se tiendra du 18 au 25 janvier 1998 sous le thème : «L'Esprit nous vient en aide» (Rm 8, 26). Profitant de cet événement annuel, la Commission épiscopale pour l'oecuménisme de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CÉCC) rend public un texte qui présente la perspective catholique de l'engagement oecuménique. Les évêques canadiens en ont approuvé le contenu à l'occasion de leur Assemblée plénière qui s'est tenue en octobre 1997 à Cap-de-la-Madeleine au Québec.

La CÉCC est devenue, le printemps dernier, membre à part entière du Conseil canadien des Églises (CCÉ). À l'occasion de la Semaine de prière pour l'unité chrétienne, le CCÉ, en collaboration avec Novalis et le Centre canadien de l'oecuménisme, a publié des documents d'animation pour préparer différentes célébrations sur l'unité.

Pour les obtenir, on s'adresse à Novalis, C.P. 990, Outremont, Québec, H2V 4S7, tél. : (514) 278-3025, téléc. : (514) 278-3030.

Perspective catholique pour l'engagement oecuménique

Que tous soient un… afin que le monde croie que tu m'as envoyé (Jean 17,21). Cette prière de Jésus, qui définit le but des démarches œcuméniques chez les chrétiens du monde, constitue le fondement de l'engagement de l'Église catholique envers l'œcuménisme. Les documents du deuxième Concile du Vatican ont confié à l'Église un mandat d'œcuménisme auquel sont venus s'ajouter des textes postconciliaires faisant autorité, dont les Codes de Droit canonique pour les Églises catholiques romaine et orientale (1983 et 1990), le Directoire pour l'application des principes et des normes sur l'œcuménisme (1993), deux lettres apostoliques du pape Jean-Paul II, Préparation du Jubilé de l'an 2000(Tertio Millennio Adveniente, 1994) et Lumière de l'Orient (Orientale Lumen, 1995), et l'encyclique de Jean-Paul II, L'Engagement œcuménique (Ut Unum Sint, 1995). Ces documents soulignent la responsabilité, pour le «collège entier des évêques et le Saint Siège», d'œuvrer pour l'œcuménisme, «que l'Église est tenue de promouvoir de par la volonté du Christ» (Droit canonique 755,1). Bref, l'engagement de l'Église catholique envers l'œcuménisme est irrévocable, et cet engagement repose sur de solides assises théologiques.

Base doctrinale

La base doctrinale d'une vision catholique de l'œcuménisme se fonde sur deux prémisses : la volonté du Christ et la communion partagée de tous les chrétiens par le baptême. Comme l'Église fondée par le Christ est «une et unique», le Décret sur l'œcuménisme de Vatican II déclare que la discorde entre les chrétiens «s'oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes : la prédication de l'Évangile à toute créature» (UR 1). L'Église de Dieu est une, cependant, la déraison et le péché humains ont de temps à autre fait opposition à son unité.

Mais même divisés, les chrétiens sont quand même en communion mutuelle. Baptisés dans le corps unique du Christ, les chrétiens divisés partagent une communion mutuelle certaine, bien qu'imparfaite. C'est pour l'amour du monde qu'est lancé l'appel à l'unité. «La collaboration œcuménique fait voir au monde que ceux qui croient dans le Christ… peuvent entreprendre de surmonter… les divisions humaines même dans des matières aussi délicates que la foi et la pratique religieuse» (Directoire 205).

Inversement, les divisions entre chrétiens constituent un important obstacle à la prédication de l'Évangile dans le monde d'aujourd'hui. Pour le pape Jean-Paul II, c'est là un défi particulier dans la préparation pour l'année 2000. «Parmi les péchés qui requièrent un plus grand effort de pénitence et de conversion, il faut évidemment compter ceux qui ont porté atteinte à l'unité voulue par Dieu pour son peuple… L'approche de la fin du deuxième millénaire nous invite tous à un examen de conscience et à d'utiles initiatives œcuméniques, afin que nous puissions nous présenter, lors du grand Jubilé, sinon totalement unis, du moins beaucoup plus près de surmonter les divisions du deuxième millénaire» (TMA 34).

L'unité que nous recherchons

Pour l'Église catholique, l'unité que nous recherchons est l'unité dans la foi, la vie sacramentelle et le ministère : une unité organique visible. L'unité réelle doit signifier une unité visible et tangible. L'unité qui est perçue comme une relation invisible laissant les formes extérieures inchangées n'est pas le but du mouvement œcuménique. Notre tâche est claire : trouver des structures capables de permettre à nos communautés séparées de mener une vie véritablement commune et de permettre une action commune aux plans à la fois local et universel. L'unité visible n'est pas quelque chose d'extrinsèque aux Églises particulières, mais cette unité fait partie de la structure profonde de la foi et en imprègne tous les éléments.

Quel rapport l'Église catholique voit-elle entre elle et l'Église une, sainte, catholique et apostolique fondée par Jésus-Christ? L'affirmation du concile Vatican II selon laquelle l'unique Église du Christ «subsiste en» l'Église catholique signifie qu'il est possible de trouver, au sein de celle-ci, l'intégralité des vérités révélées, des sacrements et du ministère nécessaires à l'édification de l'Église et à l'accomplissement de sa mission (LG 8). Cette affirmation conciliaire, destinée à la fois à confirmer la perception de soi de l'Église catholique et à garder ouverte la relation d'autres Églises et Communautés ecclésiales avec l'unique Église du Christ, continue de susciter des préoccupations chez plus d'un partenaire du dialogue. Et pourtant, le dialogue authentique exige l'expression claire de la perception de soi de chacun des participants.

L'unité que nous recherchons, ce n'est pas l'uniformité. En fait, l'unité de l'Église est réalisée au milieu d'une riche diversité, diversité qui est une dimension de la catholicité de l'Église. On voit clairement, dans les documents de Vatican II, que l'unité n'exige pas le sacrifice de la riche diversité de spiritualité, de discipline, de rites liturgiques et de l'élaboration de la vérité révélée qui s'est accomplie chez les chrétiens, tant que cette diversité demeure fidèle à la tradition apostolique (UR 4, 15-16; Directoire 20). Lorsqu'on s'efforce de déterminer quel genre de diversité est légitime, il est un facteur qu'il faut garder à l'esprit : la distinction fondamentale entre le dépôt de la foi et les formulations théologiques selon lesquelles cette foi s'est transmise à travers les siècles (UR 6; UUS 18- 19, 81).

Un autre facteur consiste à reconnaître dans les enseignements catholiques un ordre, une «hiérarchie» des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec le fondement de la foi chrétienne (UR 11; UUS 37-38). L'engagement de l'Église catholique envers l'unité visible et entière implique la reconnaissance de la valeur et de la nécessité d'étapes intermédiaires. Les quatrième et cinquième chapitres du Directoire œcuménique de 1993 offrent un large éventail d'activités spirituelles et de coopération œcuménique permettant d'aider les Églises et les Communautés ecclésiales à exprimer l'unité qu'elles partagent déjà. Faisant écho à la célèbre question posée par la Troisième conférence mondiale sur la Foi et la Constitution (Lund, 1952), demandant si les Églises «ne devraient pas agir de concert en toutes matières, sauf en celles où de profondes divergences de convictions les forcent à agir séparément», le Directoire affirme que les chrétiens «voudront faire ensemble tout ce que leur permet leur foi». Le Directoire énumère, parmi les domaines possibles de coopération : «l'action pour une société plus juste, pour la paix, pour la promotion des droits et de la dignité de la femme et pour une distribution plus équitable des ressources… un service commun des pauvres, des malades, des handicapés, des personnes âgées et de tous ceux qui souffrent à cause des injustes ‘structures de péché'… le problème des migrants, des réfugiés et des victimes de catastrophes naturelles» (215), …une action commune «dans des domaines tels que l'éducation, la moralité publique et privée, la justice sociale, les causes liées à la culture, à la science et aux arts» (44), le ministère dans «les écoles, les hôpitaux, les prisons» (64), la collaboration dans les médias, dans les domaines de la médecine et de la justice sociale (216, 217).

L'Église en tant que communion

Le Synode extraordinaire des évêques tenu en 1985 pour évaluer la mise en œuvre de Vatican II déclare que c'est sur la base d'une ecclésiologie de la communion que «l'Église catholique a pleinement assumé, au deuxième Concile du Vatican, sa responsabilité œcuménique» (Rapport final II.C.7). Dans une perspective catholique, trois aspects d'une ecclésiologie de la communion sont particulièrement utiles à la promotion des relations œcuméniques :

  1. Cette perception de l'Église trouve ses racines dans une théologie trinitaire qui voit des distinctions de Personnes maintenues par une relation mutuelle. Une telle notion de la communion va continuer d'affirmer l'unité dans la diversité et de la diversité dans l'unité.
  2. Le concept de la «communion» admet divers degrés de relation et implique que la communion jouira d'une certaine visibilité.
  3. Une ecclésiologie de la communion affirme que le partage d'une vie commune avec Dieu dans le Christ entraîne à la fois la communion mutuelle et la communion avec l'ensemble de la création.

L'union avec Dieu dans le Christ par l'Esprit Saint est le cœur même de la communion chrétienne. On doit reconnaître la communion avant tout «comme don de Dieu, comme fruit de l'initiative divine réalisée dans le mystère pascal» (Certains aspects de l'Église comprise comme communion, 3). En tant que mystère, l'Église est la communauté de ceux qui, à cause du Christ, ne sont plus séparés. Si la communion est de l'essence même de l'Église de Dieu, les Églises doivent former toutes ensemble une Église des Églises, une Communion des communions. Toute leur diversité doit se réunir en une communion de vie où chacun enrichit les autres et où tous reconnaissent leur enracinement radical dans une communauté indivisible de salut. L'unité visible de l'Église trouvera donc sa pleine expression dans la communion dans la foi, la vie sacramentelle, la solidarité et dans l'acceptation mutuelle du ministère et de la juridiction. Le Directoire commence par rappeler que «Le Concile situe le mystère de l'Église dans le mystère de la sagesse et de la bonté de Dieu qui attire toute la famille humaine et même la création tout entière à l'unité en lui-même» (11). L'Église est une réalité non pas repliée sur elle-même puisqu'elle est envoyée au monde pour annoncer et témoigner, actualiser et diffuser le mystère de communion, pour «être pour tous sacrement inséparable d'unité» (Certains aspects 4). «Dieu veut l'Église parce qu'il veut l'unité et que, dans l'unité, s'exprime toute la profondeur de son agapè» (UUS 9). Ainsi, «le souci de l'unité est au cœur de la conception de l'Église» (Directoire 58) et d'après le Décret sur l'œcuménisme, «le ressort du mouvement vers l'unité» témoigne du renouveau permanent de l'Église dans une fidélité plus grande à sa vocation (UR 6).

 Vivre notre engagement œcuménique

L'appel à la recherche de l'unité est un impératif pour tous les chrétiens. Selon le deuxième Concile du Vatican, «Le souci de réaliser l'union concerne l'Église tout entière, fidèles autant que pasteurs, et touche chacun selon ses possibilités, aussi bien dans la vie quotidienne que dans les recherches théologiques et historiques» (UR 5). En fait, l'engagement œcuménique est «comme un impératif de la conscience chrétienne éclairée par la foi et guidée par la charité» (UUS 8). Donc, «là où ne se fait aucun travail œcuménique, du moins pratique» le Directoiredit, «les catholiques chercheront à le promouvoir» (Directoire 23). Dans ce contexte, la formation œcuménique du fidèle devient une préoccupation pastorale primordiale. La promotion de l'unité chrétienne comporte, dans les documents de l'Église catholique, trois éléments reliés entre eux : les moyens spirituels, la coopération pratique et le témoignage commun ainsi que le dialogue théologique. Chacun repose sur les autres et les aspects de tous les trois sont présents dans chacun. Cela suggère une façon de vérifier l'authenticité de toute entreprise œcuménique.

Depuis le début des années 1970, plusieurs domaines de coopération pratique ont retenu l'attention des coalitions œcuméniques canadiennes, habituellement formées des Églises de la coalition PLURA (presbytérienne, luthérienne, unie, catholique et anglicane) et, à l'occasion, de l'Église mennonite, de l'Armée du Salut ou de la Société des Amis. Le travail de ces coalitions est reconnu, à l'échelle internationale, comme un excellent exemple de la manière dont les Églises peuvent se pencher ensemble sur des préoccupations de société. L'accueil de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CÉCC) comme membre à part entière du Conseil canadien des Églises, en juin 1997, devrait favoriser davantage la collaboration aux projets d'ordre social. Au cours des dernières années, de nouveaux sujets ont suscité la formation de nouveaux partenariats, la CÉCC et l'Evangelical Fellowship of Canada travaillant de concert sur des préoccupations communes.

L'expérience canadienne vient à l'appui des recommandations du Directoire dans un autre domaine, celui de la coopération par le dialogue interreligieux, plus particulièrement la Consultation judéo-chrétienne du Canada, créée en 1977, et le Comité de liaison chrétiens-musulmans du Canada, créé en 1986. Pour les chrétiens, la coopération œcuménique «exprime nettement le lien qui unit tous les baptisés» (Directoire 211). Elle est une «véritable école d'œcuménisme, c'est une voie dynamique dans le sens de l'unité» (UUS 40). Et pourtant, les efforts humains seuls, si vitaux qu'ils soient, ne peuvent pas amener l'unité que nous recherchons. L'unité chrétienne est, finalement, un don de l'Esprit Saint pour lequel nous devons prier «avec une insistance toujours grandissante» (TMA 34).

L'œcuménisme plonge jusque dans les profondeurs de la spiritualité chrétienne. Il exige cette «conversion du cœur et cette sainteté de vie, unies aux prières publiques et privées pour l'unité des chrétiens», dont le deuxième Concile du Vatican affirme qu'elles doivent être regardées comme «l'âme de notre œcuménisme spirituel» et peuvent être à bon droit appelées «l'âme du mouvement œcuménique» (UR 8). Même lorsqu'elle n'est pas spécifiquement offerte pour l'unité chrétienne, la prière devient véritablement l'expression et la confirmation de l'unité. Il n'est donc pas surprenant que le Directoire et la Lettre apostolique sur les relations avec les Églises orthodoxes mettent en relief la vocation particulière des communautés et des ordres religieux à promouvoir la pensée et l'action œcuméniques. «Ceux qui recherchent la sainteté seront capables de reconnaître ses fruits aussi en dehors des limites visibles de leur Église» (Directoire 25). Si la prière est «l'âme» du renouveau œcuménique et de la recherche de l'unité, elle est aussi la base et l'appui du dialogue théologique.

Enraciné dans le mode de pensée personnaliste d'aujourd'hui, le dialogue représente une étape indispensable vers l'autoréalisation des communautés et des êtres humains. Plus qu'un simple échange d'idées, le dialogue est un échange de dons. Il y existe une étroite relation entre le dialogue et la prière, en ce qu'une prière plus approfondie rend le dialogue plus fructueux et que la prière devient le fruit toujours plus mûr du dialogue. Le dialogue peut se tenir dans une grande variété de cadres allant des conversations informelles de la vie quotidienne aux sessions pour examiner ensemble, dans une perspective chrétienne, des problèmes de groupes professionnels particuliers et aux groupes d'étude sur des sujets spécifiquement œcuméniques (Directoire 174). Au Canada, la CÉCC parraine conjointement avec les Églises anglicane, luthérienne et unie, des dialogues bilatéraux formels et participe à des dialogues multilatéraux par l'intermédiaire de la Commission Foi et témoignage du Conseil canadien des Églises. La présence d'invités et de partenaires œcuméniques aux réunions interconfessionnelles offre d'autres occasions de dialogue.

Communion de vie et d'activité spirituelle

Deux principes nous guident dans la discussion de la possibilité de partage de nos activités et ressources spirituelles (prière en commun, participation au culte liturgique, utilisation commune de lieux sacrés, partage de la vie sacramentelle) : la communion réelle dans la vie de l'Esprit que les chrétiens partagent déjà, et le caractère incomplet de cette communion. C'est l'application de ces principes qui nous mène à reconnaître une distinction entre les diverses Églises orientales, d'une part, et les chrétiens des autres Églises et Communautés ecclésiales, d'autre part. Aux yeux de l'Église catholique, les Églises orthodoxes et orientales sont des «Églises sœurs» qui bénéficient de la succession apostolique (UR 15). On est donc fondé, tout en respectant les disciplines de chacune de ces Églises, de permettre un certain partage du culte liturgique lorsqu'il peut en ressortir du bien. Avec d'autres Églises et Communautés ecclésiales, toutefois, le degré de communion partagée est moins complet et le partage de la vie sacramentelle plus limité. En cas de danger de mort ou dans des situations de nécessité absolue déterminées par l'évêque diocésain, les chrétiens membres d'autres Églises et Communautés ecclésiales peuvent demander les sacrements de pénitence, d'eucharistie et d'onction des malades, pourvu que soient respectées les prescriptions du Droit canonique. Dans des circonstances similaires, les catholiques ne peuvent demander ces sacrements qu'à un ministre d'une Église dont les sacrements sont reconnus valides par l'Église catholique ou à un ministre qui, selon la doctrine catholique de l'ordination, est reconnu comme validement ordonné (Droit canonique 844; Directoire 129-132).

Conclusion

Grâce à une meilleure connaissance réciproque et à de plus grandes convergences doctrinales, on a connu, au cours des dernières années, une réelle croissance, autant affective qu'effective, de la communion. Ce n'est pourtant là qu'une étape du voyage. Le but ultime du mouvement œcuménique est la pleine communion de la foi et de la vie, qui se réalise dans la célébration et le partage de l'eucharistie. L'unité est le don de Dieu à l'Église, qui se réalisera comme le Christ le veut et de la manière qu'il le voudra. Notre espérance réside dans la prière du Christ pour l'Église, dans l'amour du Père pour nous et dans la puissance de l'Esprit Saint. «Et l'espérance ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné» (Romains 5,5).

Commission épiscopale pour l'œcuménisme
Conférence des évêques catholiques du Canada
Janvier 1998


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Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Conférence des évêques catholiques du Canada
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