Suite à un commentaire jugé désobligeant à l’égard de l’Église catholiques, des excuses publiques sont demandées à Michael Enright

mardi le 22 juillet 1997

Ottawa (CÉCC)… Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CÉCC), Mgr Francis J. Spence, a rencontré aujourd’hui à Toronto, son homologue de la Société Radio-Canada, M. Perrin Beatty, pour discuter des propos jugés désobligeants émis par l’animateur Michael Enright. On se souviendra que le 10 mai dernier, dans une entrevue qu’il accordait au Globe and mail, M. Enright qualifiait l’Église catholique romaine comme étant la plus grande organisation criminelle après la mafia.

Cet article évoquait alors la possibilité que le journaliste succède à Peter Gzowski au micro de l’émission de la radio de Radio-Canada, Morningside, une des fonctions médiatiques les plus influentes au Canada. Il y a quelques semaines, la société d’état confirmait justement M. Enright dans son nouveau poste. Saisi des propos de M. Enright, le président de la CÉCC s’est dit préoccupé qu’une personne exprimant une opinion aussi clairement tendancieuse puisse occuper un siège aussi influent.

Mgr Spence a alors demandé des excuses immédiates et une rétractation publique de M. Enright. La réponse du journaliste, adressée à l’éditeur du Globe and Mail et à Mgr Spence, était insatisfaisante aux yeux de l’archevêque de Kingston. Elle expliquait bien davantage les raisons qui avaient motivé M. Enright à tenir ces propos plutôt que de présenter des excuses en bonne et due forme. Dans sa rencontre avec M. Beatty, Mgr Francis J. Spence a demandé une fois de plus que M. Enright s’excuse publiquement, en précisant que ses commentaires sur l’Église catholique romaine étaient erronés, inacceptables, offensants et sans fondements. L’archevêque a souligné que cette remarque était une offense à tous les chrétiens de l’Église catholique romaine dont le nombre s’élève à 13 millions au Canada. Religion et médias : un ménage difficile ? Le président de la CÉCC a aussi profité de ce tête-à-tête pour s’entretenir avec M. Beatty sur l’équité de Radio-Canada en matière de couverture médiatique à l’endroit de l’Église catholique et du manque de connaissances du personnel dans le domaine religieux. Il a été perçu par plusieurs que si une pareille remarque avait été faite à l’endroit d’autres groupes religieux, des minorités ethniques ou tout autre regroupement, sa nomination comme animateur aurait pu être remise en question.

Mgr Spence a demandé au président de Radio Canada d’initier un dialogue entre les deux organismes, et avec d’autres groupes religieux, dans l’espoir de remédier à de telles situations. Il a également suggéré à M. Beatty que la Société participe pleinement à un symposium national sur la religion et les médias, qui se tiendra en juin 1998, à Ottawa.

La Conférence des évêques catholiques du Canada a senti le besoin de s’objecter vivement à la déclaration de M. Enright car elle note un accroissement de l’indifférence des médias à l’égard des sujets d’intérêt religieux. La CÉCC s’interroge aussi sur le traitement objectif et équitable que reçoit la couverture de la religion dans la presse écrite et électronique.


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Source : Sylvain Salvas
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