Ve Séminaire de l’OCVF : Le développement des biotechnologies doit tenir compte des questions éthiques et morales

jeudi le 27 mars 2003

(CECC – Ottawa)… L’Organisme catholique pour la vie et la famille a tenu son Ve Séminaire en biotechnologie les 20 et 21 mars dernier, à Ottawa.

Évêques, scientifiques, avocats, éthiciens, théologiens et laïcs réunis pour cette occasion par l’OCVF ont discuté des enjeux découlant de deux sujets en particulier : la brevetabilité des formes de vie supérieures et la xénotransplantation.

Prenant pour point de départ la décision de la Cour Suprême du Canada de ne pas accorder le brevet que demandait l’Université Harvard pour la reconnaissance d’une souris génétiquement modifiée pour les fins de la recherche sur le cancer, les participants n’ont pas caché leurs inquiétudes sur de possibles dérapages éthiques. Déjà certains pays accordent des brevets pour des séquences du génome humain ou des animaux modifiés génétiquement.

Quant aux impacts de la brevetabilité des formes supérieures de vie, les participants ont redit l’importance du respect de la dignité humaine et ce, durant toutes les phases de son développement. Des craintes ont été soulevées concernant la sauvegarde de l’intégrité génétique de l’humain, la protection face à la déshumanisation (traitement de l’humain comme un objet), des dangers de l’exploitation de la personne, d’un accès équitable aux ressources minimales pour vivre et de la reconnaissance de la valeur de toute vie, qu’elle soit de formes supérieure ou inférieure. Selon les participants, le débat ramène invariablement à la question : qu’est-ce que ça signifie d’être humain et quelle est notre relation à l’ordre créé, ce qui renvoie à des fondements éthiques d’ordre écologique et environnemental.

Xénotransplantation

François Pothier, professeur titulaire au département des sciences animales de la Faculté d’agriculture de l’Université Laval et spécialiste de la transgénèse (manipulation de gènes), et Thérèse Leroux, docteure en biochimie médicale et professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal, ont abordé toute la question de xénotransplantation, une technique qui permet de greffer un corps étranger chez l’humain (un cœur de porc par exemple).

Le docteur Pothier affirme que cette technique, prometteuse il y a peu de temps encore, pourrait disparaître puisqu’elle cache des effets potentiels pernicieux comme le développement de nouveaux rétrovirus (le sida en est un) dont l’apparition pourrait mettre en danger la population.

Une réflexion essentielle

Mgr Pierre Morissette, évêque de Baie-Comeau, qui siège sur le Bureau de direction de l’OCVF, a conclu la journée en remerciant les participants pour le franc dialogue et les échanges fructueux. « Des rencontres comme aujourd’hui sont nécessaires puisqu’elles nous permettent de constater que nos sociétés sont mal équipées pour faire face aux nouveaux problèmes liés au développement rapide des biotechnologies. » L’OCVF a confirmé que VIe rendez-vous du genre aurait lieu en 2004.

Ce séminaire annuel s’inscrit dans une démarche de l’OCVF voulant lui permettre de mieux débattre les enjeux éthiques et moraux découlant du développement des nouvelles technologies et favoriser le maintien d’un réseau entre éthiciens et scientifiques.

L'Organisme catholique pour la vie et la famille est parrainé conjointement par la Conférence des évêques catholiques du Canada et les Chevaliers de Colomb. Il a comme objectif de promouvoir le respect de la vie, de la dignité humaine et le rôle essentiel de la famille.

 


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Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Conférence des évêques catholiques du Canada
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