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Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones 2022

Le 12 décembre, fête de Notre-Dame de Guadalupe, l’Église au Canada célèbre la Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones.

Cette initiative de la Conférence des évêques catholiques du Canada est coordonnée depuis 2002 par le Conseil autochtone catholique du Canada.

Cette année, la réflexion du Conseil s’inspire des paroles de guérison et de réconciliation prononcées par le pape François lors de son « pèlerinage pénitentiel » au Canada.

2022 Message du Conseil autochtone catholique du Canada

Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones 2021

Le 12 décembre, fête de Notre-Dame de Guadalupe, l’Église au Canada célèbre la Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones.

Approuvé par les évêques du Canada, ce projet est coordonné par le Conseil autochtone catholique du Canada  depuis 2002.

Cette année, la réflexion du Conseil s’articule autour du thème Nous sommes appelés à la guérison, le pardon, la réconciliation. « Nous, le Corps du Christ, sommes appelés à vivre dans l’amitié et l’harmonie avec tous les peuples. Nous sommes frères et sœurs de notre unique Dieu Créateur. À nous tous, Dieu donne tout. Dieu crée et préserve la merveilleuse diversité des peuples, des cultures, des races et des croyances. »

Message 2021 du Conseil autochtone catholique du Canada

Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones 2020

Le 12 décembre, fête de Notre-Dame de Guadalupe, l’Église au Canada célèbre la Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones. Approuvé par les évêques du Canada, ce projet est coordonné par le Conseil autochtone catholique du Canada depuis 2002. Cette année, la réflexion du Conseil s’appuie sur le thème Guérir la Terre. « Ensemble, nous partageons une maison commune, la Terre Mère, et nous en dépendons toutes et tous pour notre existence. Des menaces très réelles continuent de peser sur notre écologie et sur notre mode de vie, ce qui est devenu encore plus évident sous le coup de la pandémie de Covid-19. Nous devons nous réunir pour former une seule famille humaine. Le pape François nous rappelle, dans son encyclique Laudato Si’, que “ l’humanité possède encore la capacité de collaborer pour construire notre maison commune. ” Nous nous tournons vers la Terre pour notre subsistance : pour notre abri, nourriture et médicaments. Et quand nous mourrons, nos corps retourneront à la Terre où demeurent nos ancêtres en attendant de vivre avec Dieu au Ciel pour toujours. »

Message du Conseil autochtone catholique du Canada 2020

Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones 2019

CCIC 2019Le 12 décembre, fête de Notre-Dame de Guadalupe, l’Église au Canada célèbre la Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones. Approuvé par les évêques du Canada, ce projet est coordonné par le Conseil autochtone catholique du Canada depuis 2002. Cette année, la réflexion du Conseil s’appuie sur le thème de l’année des langues autochtones proclamée par les Nations Unies en 2019. « Nous aimons tous être adressés dans notre langue maternelle. Et sur le plan de la foi aussi, nous aimons que les autres s’adressent à nous dans notre langue et selon la « culture de nos mères » (cf. 2 Maccabées 7, 21.27), car ainsi nos coeurs sont mieux disposés à entendre la Parole de Dieu. »

Message du Conseil autochtone catholique du Canada 2019

Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones 2018

CACC Message 2015Le 12 décembre, fête de Notre-Dame de Guadalupe, l’Église au Canada célèbre la Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones. Approuvé par les évêques du Canada, ce projet est coordonné par le Conseil autochtone catholique du Canada depuis 2002. Cette année, la réflexion du Conseil s’appuie sur le thème traité à la récente Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel et sur son lien avec les spiritualités autochtones traditionnelles. « … pour réaliser leur potentiel, pour devenir les prophètes de l’avenir que Dieu a voulu faire d’eux, les jeunes ont besoin des rêves de leurs anciens, des prophètes qui les ont précédés. »

Message du Conseil autochtone catholique du Canada 2018

Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones du Canada – 2017

Depuis 1980, plus de 1 000 femmes et filles autochtones ont été assassinées au Canada. Bien que les femmes autochtones ne constituent que 4 % de la population féminine du Canada, 16 % des femmes assassinées au Canada entre 1980 et 2012 étaient autochtones. En juin 2015, la Commission de Vérité et Réconciliation a publié 94 appels à l’action conçus pour surmonter l’héritage laissé par les pensionnats indiens. Dans l’appel à l’action no 41, le gouvernement fédéral est invité à lancer une enquête publique sur les causes de la disproportion de la victimisation des femmes et des jeunes filles autochtones, et sur les moyens possibles pour y remédier : « Le mandat de la commission d’enquête devra inclure, notamment : i) la réalisation d’enquêtes sur la disparition et l’assassinat de femmes et de jeunes filles autochtones; ii) l’établissement de liens avec les effets intergénérationnels des pensionnats autochtones. » En décembre 2015, le gouvernement fédéral du Canada a annoncé le lancement de la première étape d’une enquête publique sur les femmes et les jeunes filles autochtones assassinées et disparues.

Le chagrin accablant causé par ces crimes violents peut être ressenti dans toute la communauté. Les familles des victimes veulent des réponses pour comprendre ce qui est arrivé à leur être cher, une preuve que le public s’en soucie, et un traitement équitable. La justice et l’espoir doivent agir ensemble pour chacune des victimes et pour sa famille.

Plusieurs se réunissent pour participer à des cérémonies qui réunissent les familles des victimes, la communauté et l’esprit des défunts afin de surmonter à leur chagrin. Une telle cérémonie encourage les gens à « le laisser sur la croix » en jetant dans un feu des papiers-mouchoirs imbibés de leurs larmes et en abandonnant ensuite leur chagrin au Créateur. L’Association des femmes autochtones du Canada a élaboré un guide utile sur la manière d’organiser une marche de « Sisters in Spirit » dans les communautés. Ces cérémonies peuvent souvent apporter un sentiment d’apaisement aux victimes et à leurs familles.

En cette journée de prière (12 décembre 2017), nous, les membres du Conseil autochtone catholique du Canada, désirons sensibiliser la population à cette question importante. Nous faisons appel à tous les catholiques pour qu’ils prient le Créateur de donner espérance et justice aux victimes et à leurs familles. Nous invitons les communautés, les paroisses et chaque personne individuelle à appuyer l’enquête nationale par tous les moyens qu’ils peuvent, en participant aux cérémonies et en les vivant à fond, en participant aux opérations de recherche et de sauvetage, et en offrant des locaux où les gens peuvent se réunir. Nous invitons les gens à prier pour les victimes et leurs familles et à offrir aux autorités compétentes toute information dont ils peuvent disposer.

Aujourd’hui nous nous réunissons pour prier pour les victimes et leurs proches.

Prions.

Dieu Créateur, nous Te remercions pour tous les dons que nous avons reçus. Nous Te remercions spécialement pour le don des femmes dans nos vies, nos mères, nos grands-mères, nos épouses, nos tantes, nos sœurs et nos nièces. Nous T’exprimons notre chagrin et notre douleur pour nos sœurs autochtones qui ont été portées disparues ou ont été assassinées. Nous Te demandons maintenant des bénédictions pour toutes les femmes, et surtout pour celles qui ont subi une violation et des souffrances inexplicables. Nous Te demandons de réconforter, de prendre soin et de consoler les membres de leurs familles qui demeurent dans le deuil. Nous Te remercions de nouveau pour les dons de l’Esprit que nous avons reçus, et nous Te demandons ces bénédictions dans le Christ.
Amen.

Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones 2016 : prière pour les familles

CACC Message 2015Le Conseil autochtone catholique du Canada (CACC) a publié une prière d’action de grâces pour les familles afin de souligner la Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones 2016. Le Conseil autochtone et la Conférence des évêques catholiques du Canada font la promotion de la Journée nationale de prière depuis 2002. Elle est célébrée le 12 décembre, mémorial de Notre-Dame de Guadalupe qui a été proclamée patronne des Amériques en 1946 par le pape Pie XII. La dévotion remonte à 1531 quand la bienheureuse Mère est apparue comme une princesse aztèque à un humble paysan autochtone, saint Juan Diego, à un endroit appelé le mont Tepeyac qui est éventuellement devenu une partie de Villa de Guadalupe, une banlieue de la ville de Mexico.

Le pape François présidera une messe en la basilique Saint-Pierre le 12 décembre en l’honneur de Notre-Dame de la Guadalupe, avec des intentions de prières particulières pour l’Église en Amérique. La célébration sera accompagnée de quelques anciens hymnes liturgiques composés dans diverses langues autochtones de l’Amérique centrale.

Lien à la prière pour les familles (PDF)

Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones, 2015 : Introduction et prière

CACC Message 2015Catholicisme et spiritualité autochtone traditionnelle – Réflexion sur les points communs

La Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones est célébrée le 12 décembre depuis 2002. La réflexion suivante du Conseil autochtone catholique du Canada propose des terrains communs que l’on retrouve dans la spiritualité autochtone traditionnelle et dans la foi catholique et cherche à signaler des voies de compréhension mutuelle. Nous espérons que ces réflexions amèneront tous les catholiques à respecter davantage et à mieux apprécier la spiritualité autochtone traditionnelle tout en montrant comment les Autochtones catholiques voient un lien entre leur foi catholique et leur identité culturelle et personnelle.

La croyance en un Créateur bienveillant, en un monde naturel qui est bon, dans le besoin de répondre à l’appel à mener une vie vertueuse et dans l’importance de la communication avec le Créateur sont des éléments que les spiritualités catholique et autochtone ont en commun.

Les spiritualités catholique et autochtone se recoupent parce que les deux sont engagées dans une relation avec l’Être divin, qui est honoré et aimé pour ses dons et ses bienfaits au monde humain.

Lien au texte complet (PDF)

Prions ensemble.

O Grand Créateur, nous Te louons et nous Te remercions pour nos vies et notre monde. Tu fais toutes choses nouvelles et bonnes, et Tu invites tes peuples, dans toute la création, à recevoir et à partager les uns avec les autres tout ce qui est bon. Merci d’avoir partagé merveilleusement et intimement ta vie avec nous tous. Nous cherchons également un approfondissement de nos relations entre nous et avec toute la création.

Nous nous engageons à vivre et à travailler ensemble, avec nos familles et nos communautés, avec toutes les cultures, toutes les nations et tous les peuples, en union avec Marie, tous les saints, nos grands-pères et nos grand-mères, qui sont partis avant nous et qui nous inspirent. Nous Te remercions, Grand Saint-Esprit, de la grande variété de dons et de talents que Tu donnes à ton peuple, et nous nous engageons à toujours utiliser tes bienfaits pour nous entraider et pour le bien de toute la création.

O Dieu, les problèmes sont nombreux dans le monde. Nous Te remercions pour le don de ton Fils, Jésus-Christ, qui est la Voie, la Vérité et la Vie. Nous comptons sur notre amitié en Jésus et sur le pouvoir de ton Grand Esprit pour nous aider à bien vivre selon une saine morale. Que notre cheminement vers une plus grande vertu nous aide à lutter contre le mal et à apporter des bénédictions dans les défis les plus pénibles.

Nous nous engageons, ô Créateur, à partager entre nous et à prendre soin les uns des autres comme Tu continues de prendre soin de nous, avec beaucoup de révérence, de générosité et de respect.

À Toi, ô Créateur, toute louange et toute action de grâces pour le privilège et l’appel à participer à Ta vie merveilleuse!

Amen.

Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones 2014

La Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones est célébrée le 12 décembre depuis 2002 par l’Église du Canada. Cette année et durant la prochaine année, les membres du Conseil autochtone catholique du Canada se joignent aux évêques pour réfléchir sur les défis pastoraux pour les familles, leurs besoins et le rôle qu’elles jouent dans l’évangélisation. Ainsi, ils désirent honorer les anciens qui les ont aidés à nourrir leur propre foi :

  • John Simon Neganigwane« Mon père était un leader spirituel, dans les traditions et dans l’Église. Sa foi ardente a joué un grand rôle dans le développement de ma foi personnelle. Il a assuré le fondement et la préparation de ma « marche terrestre » en enseignant une manière de vivre conforme aux sept enseignements ancestraux. Bien que ceux-ci n’aient jamais été mentionnés par leur nom, j’ai appris plus tard leurs noms français : respect, humilité, honnêteté, compassion (courage), vérité, sagesse et amour sans condition. Les enseignements transmis par les anciens peuvent aider à découvrir un chemin de guérison. C’est en les intégrant à notre vie quotidienne que nous pouvons atteindre l’équilibre, l’harmonie et le bien-être. Nous pouvons apprendre à utiliser les dons qui nourrissent, fortifient, donnent une orientation et nous aident à trouver le sens du cercle de vie. Cela enrichira notre vie spirituelle, nous amènera à mieux comprendre, apprécier et respecter la richesse de notre culture autochtone, rehaussera et renforcera grandement notre relation spéciale avec Dieu le Créateur. » — Rosella Kinoshameg, Anishnabe, Première nation Wikwemikong
  • « Quand j’étais plus jeune, les anciens qui servaient Notre Seigneur à l’église St. Paul de ma communauté ont eu beaucoup d’influence sur moi. Je les ai vus servir le Seigneur dans la maison de Dieu de bien des façons. Il y avait ceux qui accueillaient les gens qui venaient à l’église avec un grand sourire et une chaude poignée de main, ceux qui travaillaient à recueillir des fonds pour l’église, et ceux qui assistaient aux veillées mortuaires et aux funérailles et qui s’efforçaient de réconforter les familles en une période difficile. Quand je suis revenu à l’Église, un ancien m’a encouragé à lire au lutrin. Ces gens ne parlaient pas des pensionnats. Je savais seulement qu’ils aimaient leur travail dans l’Église, et je voulais être comme eux. Maintenant, j’étudie pour devenir diacre dans l’Église catholique. » — Rennie Nahanee, nation Squamish
  • « Mes deux grands-mères étaient tellement spirituelles; les deux prêchaient d’exemple de manière très concrète quoique différente. L’une était très calme et parlait doucement; elle ne nous « prêchait » jamais pour nous dire d’être catholiques et spirituels. L’autre était plus visible et plus engagée; elle dirigeait la chorale de l’église, et nous priions chez elle en sa compagnie. J’aurais baisé les traces de leurs pas. Aujourd’hui encore, chaque fois que je pense à elles, la Bienheureuse Vierge Marie me vient immédiatement à l’esprit, et je sais qu’elles veillent sur moi. Je dois une grande partie de ce que je suis à leur spiritualité et à leur émouvante croyance en Jésus et en la Bienheureuse Vierge Marie ainsi qu’en notre devoir de vivre notre vie de manière à toujours marcher avec eux. Après cela, tout le reste trouve naturellement sa place pour moi. » — Melody McLeod, Métis, Territoires du Nord-Ouest
  • Elder Campbell Papequash« J’ai été influencé par un ancien anishnabe de la Première nation Key en Saskatchewan. Il dirige une cérémonie annuelle de quête de la vision au printemps et un camp culturel en août de chaque année. J’ai assisté à l’une de ces activités ou aux deux chaque année depuis 1994. Si je pouvais résumer en une seule phrase l’essentiel de ses nombreux enseignements et discours au fil des années, je citerais sa déclaration : « Nos ancêtres nous ont légué un héritage culturel et spirituel magnifique. » Ses chants, ses prières, ses cérémonies et ses récits illustrent tous la vérité de cette affirmation et nous tracent l’orientation morale et éthique nécessaires pour vivre notre vie d’une manière conforme à la vie et à l’enseignement de Jésus. » — Dennis Whitford, Peace River

Prions ensemble. Merci, Dieu notre Créateur, pour nos anciens, qui nous ont donné, par leur foi vive, leur spiritualité, leur humilité, leurs enseignements et leur service, un fondement et une plus grande appréciation de notre richesse culturelle, nous léguant ainsi un héritage spirituel qui nous aide à être ce que nous sommes aujourd’hui. Nous te remercions par Jésus et avec Marie. Amen.


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Message pour la Journée de prière en solidarité avec les peuples autochtones 2013

La Journée nationale de prière en solidarité avec les peuples autochtones est célébrée le 12 décembre à chaque année, la fête de Notre-Dame de Guadalupe, patronne des Amériques, qui est apparue à saint Juan Diego, un humble paysan aztèque, au Mexique en 1531. Le Conseil autochtone catholique du Canada souligne cette journée de prière, de solidarité et de réconciliation en diffusant un message annuel honorant des Autochtones qui ont été inspirés par leur foi catholique.

?ehtseo Ereya – Un prophète déné qui a prêché la Bonne Nouvelle de Jésus

Ehtseo_EreyaEreya était le nom déné du prophète qu’on appelle aujourd’hui affectueusement ?ehtseo[1] (grand-papa) Louis Ayha. Né en 1857, il acquit dans tous les Territoires du Nord-Ouest la réputation d’un grand leader spirituel. Les gens parcouraient de longues distances pour lui rendre visite et, aujourd’hui encore, ils viennent nombreux se recueillir sur sa tombe. Tous les anciens qui ont connu ?ehtseo Ereya parlent de lui comme d’une personne spéciale aux yeux de Dieu.

Les prêtres appréciaient aussi la sainteté de ?ehtseo Ereya. Le Père Jean Denis, O.M.I., longtemps curé de la paroisse de Deline, fut très impressionné par la sainteté de la vie de ?ehtseo Ereya, par la sagesse avec laquelle il mariait les spiritualités dénée et catholique, et par l’influence positive qu’exerçait son enseignement sur les personnes qu’il rencontrait.

?ehtseo Ereya fut élevé dans le territoire de Tlicho, au Behchoko dans les Territoires du Nord-Ouest. Avec sa famille, ?ehtseo Ereya parcourait la région du Sahtu. Il construisit sa première maison en bois rond dans la localité qu’on appelle aujourd’hui Deline, collectivité nichée sur les rives du Grand lac de l’Ours (le plus grand lac d’eau douce entièrement situé au Canada et le septième plus grand au monde). Il choisit cet endroit parce qu’il était propice à la pêche, à la chasse et au piégeage.

Plus tard dans sa vie, ?ehtseo Ereya expliqua qu’au temps de sa jeunesse, il avait reçu la visite de deux anges qui lui communiquèrent les enseignements des livres saints. Ces visites continuèrent pendant des années. Quand il commença à grisonner, on lui demanda de partager ce savoir et de parler aux Dénés de partout. Même s’il ne savait pas lire, il avait une profonde connaissance de la Bible. Pendant la journée, il allait de maison en maison parler aux gens. Les Dénés ont une tradition prophétique; leurs prophètes sont des gens de bien qui ont une idée de l’avenir et qui savent donner des conseils avisés. ?ehtseo Ereya est vu comme l’un des plus doués des prophètes. Certaines personnes mettaient en doute sa sagesse, mais il savait lire dans leur cœur et il lui arrivait souvent de prédire ce qu’elles allaient faire. Il prédit l’avenir de son peuple et du territoire. Il faisait tout ce qu’il pouvait pour venir en aide aux personnes dans le besoin. ?ehtseo Ereya disait souvent : « Rappelez-vous de toujours partager et de vous aimer les uns les autres. » Il disait aussi : « Rappelez-vous des paroles que je vous ai enseignées. Veillez à les garder, à les utiliser et à les enseigner les uns aux autres. »

Le neveu de ?ehtseo Ereya se rappelle qu’il disait qu’il ne faut pas être mesquin avec la nourriture. « Si tu as souvent servi du thé à ta table, disait-il, et si tu as souvent récité les prières avant le repas, ce qui sera déposé sur ta table ne disparaîtra pas. » Cette parole de sagesse était formulée dans l’un des climats les plus rigoureux au Canada et dans une région où la faim et la famine étaient fréquentes.

?ehtseo Ereya mettait aussi les gens en garde contre le «poison jaune » qu’on extrayait à la mine de Port Radium, localité sise elle aussi sur les rives du Grand lac de l’Ours. La première mine d’uranium resta ouverte de 1942 à 1960. Le minerai servit à fabriquer les bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki. Les premières techniques d’extraction étaient primitives, et plusieurs mineurs ont souffert d’avoir été exposés à l’uranium.

?ehtseo Ereya est décédé le 23 septembre 1940, à l’âge de 83 ans. On fait mémoire de ?ehtseo Ereya comme d’un grand prophète qui a travaillé dur et qui a prêché la Bonne Nouvelle à un grand nombre de Dénés. Il était aimé et respecté par les jeunes comme par les aînés à cause de la force de sa foi en Dieu. ?ehtseo Ereya fut un grand enseignant, aussi l’école de la localité porte-t-elle aujourd’hui son nom. Ses récits restent pour les gens un cadeau précieux. Il a connu le meilleur des deux traditions. Il se servait du tambour pour prier, participait aux danses du tambour, alimentait les cérémonies du feu et participait activement à sa culture dénée. En même temps, il était un catholique fidèle qui respectait et aimait grandement Jésus, la Bible et les sacrements. Il encourageait son peuple à être à la fois catholique et autochtone.

Dans les années 1980, la maison en bois rond de ?ehtseo Ereya fut reconstruite et transformée en lieu de prière. En 1991, un rassemblement spirituel fut organisé pour célébrer sa vie et ses enseignements. Ce rassemblement se tient chaque année à la mi-août à Deline, et nombre de Dénés d’un peu partout viennent y participer. Dans plusieurs foyers à travers les Territoires du Nord-Ouest, on aperçoit au mur un portrait de ?ehtseo Ereya. L’influence positive qu’il continue d’exercer sur son peuple montre qu’il fut vraiment un saint homme.

?Ehtseo Ereya nous rappelle que l’héritage et les dons spirituels de nos frères et sœurs autochtones ont beaucoup à offrir à notre société d’aujourd’hui. Il nous appelle aussi à respecter les spiritualités catholique et autochtone, et à célébrer ce qu’elles ont en commun. Aujourd’hui comme hier, notre Église a besoin de bons prophètes.

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[1] ?ehtseo veut dire grand-papa dans la langue des Esclaves du nord (North Slavey) ou en déné roi. Le signe « ? » indique une pause au début du mot.