Les bienheureux et les bienheureuses du Canada

Bienheureuse Dina Bélanger (1897-1929)

Fête liturgique : 4 septembre

 

 

 

 


Vie

Dina Bélanger est née à Québec le 30 avril 1897, fille unique de Séraphia Matte et d’Olivier Bélanger. Elle fait ses études primaires et complémentaires chez les soeurs de la Congrégation de Notre-Dame au couvent de Saint-Roch puis à l’école Jacques-Cartier. À quatorze ans, elle demande à être pensionnaire au couvent de Bellevue pour y terminer ses études. Elle fait alors la prière suivante: «O mon Dieu, accordez-moi, pendant mon séjour ici, de ne pas vous offenser par la plus légère faute vénielle volontaire». À quatorze ans, elle consacre à Dieu sa virginité.

Ses études terminées, elle revient chez ses parents et poursuit des études de piano. Elle se trace un règlement de vie axé sur la prière, la messe, la communion, le chapelet et la méditation et garde secret son goût exclusif pour la piété. Elle accompagne sa mère dans l’exercice des oeuvres de charité de la paroisse auprès des pauvres et des malades. Active dans l’OEuvre des tabernacles*, elle s’inscrit comme zélatrice de l’Apostolat de la prière et se joint au tiers ordre de saint Dominique. En 1916, elle accepte avec plaisir de s’inscrire au Conservatoire de New York. Pendant deux ans, elle y fait des études supérieures de piano et d’harmonie. De retour à Québec, Dina donne des concerts et poursuit des études d’harmonie par correspondance.

À vingt-quatre ans, elle entre au noviciat des Religieuses de Jésus-Marie à Sillery. Elle prend l’habit l’année suivante sous le nom de Marie Sainte-Cécile de Rome et prononce ses voeux annuels de religion le 15 août 1923. En septembre, elle est désignée comme professeur de musique au couvent de Saint-Michel-de-Bellechasse. Elle y fera trois séjours interrompus par la maladie.

Depuis l’âge de onze ans, Dina est favorisée d’une intimité avec Notre-Seigneur qui la conduit aux plus hauts sommets de la vie mystique. À la demande de sa supérieure, à compter de 1924, elle fait le récit de ses expériences spirituelles. Admise à la profession perpétuelle le 15 août 1928, Dina entre définitivement à l’infirmerie en avril suivant. Elle y décédera le 4 septembre 1929, à l’âge de 32 ans, emportée par la tuberculose pulmonaire qui avait été diagnostiquée au printemps 1926.

Elle a été béatifiée par le pape Jean-Paul II le 20 mars 1993, en même temps que Claudine Thévenet, fondatrice de la congrégation religieuse à laquelle elle appartenait.

* Les membres de cette oeuvre confectionnaient nappes, linges et vêtements liturgiques pour le bénéfice des paroisses pauvres et des missionnaires.

Spiritualité

Douée d’une très grande sensibilité et d’une conscience délicate jusqu’au scrupule, Dina enfant apprend à s’élever vers Dieu dans le silence et la beauté de la nature. Elle fait sa première communion à dix ans et dès lors, le recueillement, la méditation, l’intimité avec Jésus occupent ses pensées. Son aspiration vers Dieu, elle la traduit alors par ces mots: «Dieu seul! comme le cerf altéré soupire après l’eau des fontaines, ainsi mon âme soupire après vous, ô mon Dieu! Mon Dieu, je souffre de ne pas souffrir! Je meurs de ne pas mourir!»

Favorisée de grâces exceptionnelles, Dina multiplie les exercices de piété et les sacrifices volontaires alors que Jésus se communique à son âme par une voix et des visions intérieures. Assoiffée de silence, l’adolescente doit s’imposer un grand effort de volonté pour participer aux jeux de son âge. «J’étais d’une nature extrémiste, écrit-elle dans son autobiographie; je me livrais au bien, alors j’étais décidée à monter jusqu’au sommet». Mais sa nature indépendante lui donne fort à lutter contre son «goût d’isolement et de paix égoïste».

Dina étudiante a du goût pour toutes les sciences. Elle est passionnée de l’art et du beau et vise au plus parfait: «Je voulais reconnaître en moi les talents divins», écrit-elle, mais son idéal est si élevé qu’elle considère ne pas mériter les éloges reçus. Naturellement portée à la méditation, elle n’éprouve pas le besoin de demander aux livres l’aliment spirituel dont elle est avide: «C’est que Jésus me le donnait lui-même. Il se faisait le grand Livre où rayonnaient à mes yeux, en gros caractères, le secret du bonheur et la science de l’amour.» Toutefois, l’autobiographie de Thérèse de l’Enfant-Jésus l’éclaire sur la science de l’abandon.

Au début de la guerre de 1914, «affligée du mal moral» qui menace le monde, elle s’offre à Notre-Seigneur en esprit de réparation et d’amour «afin de le consoler un peu et de sauver des âmes». Elle connaît des périodes d’épreuves intérieures et lutte contre sa «nature prompte et colère» pour faire triompher sa volonté de ne pas se justifier. Novice, elle s’offre comme victime, martyre et apôtre en union avec Marie selon l’esprit de Grignion de Montfort.

Sa vie spirituelle s’approfondit et elle découvre les richesses de la Trinité: «Pour que Dieu puisse verser à profusion ses grâces dans une âme humaine, il faut qu’Il trouve Jésus vivant en elle… Pour devenir un abîme capable d’être envahi par l’Infini, il faut d’abord l’anéantissement absolu, dans le domaine spirituel, de l’être humain». Des lumières lui sont données pour comprendre la présence de Jésus dans l’Eucharistie. Jésus lui révèle intérieurement: «Tu ne me posséderas pas plus au ciel, car je t’ai absorbée en entier».

Dina s’ouvre à la vie apostolique et missionnaire et a faim de donner Jésus aux âmes, en particulier les âmes religieuses et sacerdotales. «Dans toutes mes actions, mes paroles, mes pensées, mes désirs je me sens passive, comme sous l’influence de l’Être suprême, comme sous la poussée, aussi suave que puissante, de l’Esprit d’amour. Ma liberté est totale, et la moindre contention n’existe pas en cet état. Simplement, la grâce est si forte que je ne puis pas y résister». L’attention continuelle à Dieu dans l’amour devient son unique emploi. «Aie confiance en ma miséricorde. C’est justement parce que tu es faible et misérable que je t’ai choisie», lui dit intérieurement Jésus. Son union à lui est si profonde qu’elle peut écrire: «Le Christ Jésus vit à ma place sur la terre. Il s’est substitué à moi, et je ne suis plus rien». Elle rejoint ainsi la parole de l’Apôtre: «Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi».