Aperçu historique concernant la Journée mondiale de la Jeunesse 2002 par le Conseil d’administration du Conseil des Journées mondiales de la jeunesse de l’Église catholique 2002, inc.

mardi le 07 janvier 2003


Le document suivant est un aperçu historique préparé à la demande du Conseil d’administration du Conseil des Journées mondiales de la jeunesse de l’Église catholique 2002, inc. Il a pour but d’expliquer le déficit de 38 millions $ conséquent à la Journée mondiale de la jeunesse 2002 et d’aider les pasteurs et les fidèles dans leurs efforts de collectes de fonds diocésaines, à la suite de la répartition du déficit entre les diverses corporations épiscopales du Canada. Tel qu’il est signalé à la fin du document, les états financiers vérifiés de l’événement seront rendus publics au cours de l’année 2003.

Perspectives historiques

L’histoire de la JMJ a débuté lors de l’Assemblée plénière de la CECC d’octobre 1998 à Niagara Falls, en Ontario. À la suite d’une étude demandée par l’Assemblée plénière de 1997, les Évêques du Canada en 1998 ont alors approuvé à la quasi-unanimité (avec une abstention) le principe de présenter une demande au Vatican pour la tenue de la JMJ 2002 au Canada. Le Conseil permanent de la CECC, en novembre 1998, a étudié ce projet et a convenu de consulter de manière approfondie tous les évêques diocésains canadiens. Simultanément, il a constitué le Comité épiscopal de quatre membres pour superviser le projet. Les membres de ce Comité sont Mgr Anthony Meagher, alors évêque auxiliaire à Toronto et maintenant archevêque de Kingston, Mgr Thomas Collins, archevêque d’Edmonton, Mgr François Lapierre, P.M.É., évêque de Saint-Hyacinthe et Mgr James Wingle, alors évêque de Yarmouth et maintenant évêque de St. Catharines. Le secrétaire général, Mgr Peter Schonenbach, P.H., a été adjoint à ce Comité épiscopal de la JMJ comme conseiller. Le Conseil permanent a alors pris la décision de désigner Toronto comme hôte de la JMJ.

Les résultats positifs de la consultation auprès des évêques diocésains canadiens ont permis de transmettre la demande à Rome le 26 février 1999 et d’entreprendre les démarches pour constituer une corporation qui serait responsable de la JMJ 2002. Les Lettres patentes de la Corporation ont été émises le 27 mai 1999. Le présent rapport est issu du Conseil d’administration de la corporation de la JMJ qui inclus le Comité épiscopal de la JMJ.

Le Père Thomas Rosica, C.S.B., a été embauché à l’origine par la CECC le 1er septembre 1999 et est devenu l’employé de la Corporation le 1er janvier 2001. Son mandat consistait à la préparation et à la réalisation de toutes les dimensions du projet de la JMJ. Il a commencé par étudier les diverses expériences des dernières JMJ et a développé un réseau de relations tant au plan national qu’international pour mettre en œuvre le projet. Au même moment, il a amorcé le recrutement de ses principaux collaborateurs qui allaient devenir le noyau de l’organisation de la JMJ. La plupart de ceux-ci étaient des jeunes cadres qui ont pris des années sabbatiques afin d’œuvrer au projet de la JMJ. Cette équipe a été envoyée à Rome durant un mois pour la JMJ 2000 auprès de l’organisation italienne de la JMJ 2000. Il est entré en contact avec le Conseil pontifical pour les laïcs, organisme du Vatican responsable des JMJ. Au cours de cette période, le Comité épiscopal a informé le Conseil permanent de la Conférence épiscopale des diverses démarches entreprises.

Ce n’est que lorsque le Saint-Père a annoncé, en août 2000, que la JMJ se tiendrait au Canada que le compte à rebours officiel s’est activé.

Le Comité épiscopal de la JMJ 2002 est alors devenu le Comité organisateur de la JMJ. À ce titre, il s’est réuni toutes les deux semaines, principalement par téléconférence. Le Comité a reçu des rapports sur toutes les décisions financières et a approuvé toutes les dépenses majeures, y compris l’embauche du personnel. Un Comité de vérification financière a été mis sur pied en juin 2001 pour aider à la gestion des grandes décisions financières. Ses membres sont : Holger Kluge, ancien vice-président de la Banque de Commerce, Bill Broadhurst, qui était à ce moment Chancelier pour les affaires temporelles de l’archidiocèse de Toronto, Tim Galvin, expert-comptable à Hamilton, Sœur Jean Gove, C.S.J., administratrice des finances et Jean Roy, Chef de l’Administration de la CECC/CCCB.

Historique financier

De septembre 2000 à janvier 2001, le bureau de la JMJ de Toronto a reçu 900 000 demandes d’information. Ce volume de demandes combiné aux informations émanant des Conférences épiscopales du monde ont permis, au début de 2001, d’estimer à 750 000 le nombre de pèlerins attendus, dont 200 000 Canadiens. Les prévisions budgétaires s’élevaient, à ce moment là, à près de 340 millions $ et prévoyaient un surplus de l’ordre de 10 millions $. Les événements du 11 septembre 2001, la faillite de nombreuses compagnies aériennes, la crise économique de quelques pays d’Amérique du Sud, la décision du Pape d’effectuer une visite au Guatemala et au Mexique et quelques autres facteurs, dont la difficulté d’avoir à organiser l’événement en juillet à cause de la disponibilité d’Exhibition Place, plutôt qu’en août, comme c’est l’habitude, tous ces facteurs ont ramené l’estimation des inscriptions tout d’abord à 450 000, puis à 350 000, dont 100 000 du Canada.

Des 350 000 pèlerins, il était prévu que 250 000 s’inscriraient pour la semaine complète, 60 000 pour le week-end et 40 000 pour l’inscription quotidienne en plus des nombreux participants supplémentaires pour le Chemin de Croix et la messe papale. En raison des prévisions révisées à la baisse pour les inscriptions et de la rationalisation imposée aux divers services de la corporation de la JMJ, les prévisions budgétaires ont été ramenées à 134 millions $ comportant un déficit estimé à 4,5 millions $. Par la suite, sur la recommandation du Comité des finances et de la vérification de la JMJ, une seconde opération de rationalisation a été réalisée le 1er avril 2002, ce qui a permis de ramener les prévisions budgétaires à 80 millions $.

Mai 2002 marquait le point de non-retour en ce qui concerne la conclusion des grands contrats pour les installations principales; les consultations auprès des diverses conférences épiscopales du monde confirmaient les projections d’inscriptions révisées à la baisse. L’option d’annulation de l’événement aurait produit des pertes d’au moins 10 millions $

Tous les contrats de service à volume variable tels le transport, la nourriture et l’hébergement avaient des provisions en cas d’inscriptions insuffisantes, mais les installations, les toilettes et autres services d’hygiène et la sécurité étaient à coûts fixes. De plus, les semaines qui ont précédé la JMJ ont soulevé de nouvelles difficultés : le scandale des abus sexuels aux États-Unis et la grève des éboueurs à Toronto.

Finalement, le nombre d’inscriptions acquittées s’est élevé à 187 000 dont 26 000 pour le week-end seulement. Les inscriptions canadiennes se sont élevées à 49 000 et les américaines à 51 000.

La JMJ de Toronto a été un réel succès au plan pastoral. On évalue à 500 000, le nombre de participants au Chemin de Croix, à 600 000 pour la Vigile du samedi et à 850 000 pour la messe papale. De plus, selon Radio-Canada, près d’un milliard d’auditeurs ont pu participer à la JMJ via la télévision et les médias d’information. L’écart entre la participation et l’inscription ne peut s’expliquer que par le débordement des foules aux différents kiosques d’inscription et le mauvais temps du dimanche matin. Les attentes concernant les dons sur le site même ont été surévaluées malgré les 500 000$ recueillis. Les dons corporatifs ont été moindres que prévus, de même que les redevances sur les activités commerciales. Il faut ajouter que la campagne médiatique pour la collecte nationale depuis l’événement a permis de recueillir jusqu’à maintenant, soit à la mi-novembre, 416 243.17 $. Les ventes de meubles, d’ordinateurs et de matériel de bureau ont produit 212 060 $.

En somme, la JMJ a été un événement de classe mondiale. Elle a eu lieu en une période historique et bouleversée dans un pays d’une stature internationale qui dépasse la taille de sa population et l’immensité de son territoire. Dans cette perspective, il est bon d’entendre John McGrath, chancelier pour les affaires temporelles de l’archidiocèse de Toronto s’exprimer ainsi:

« Cet événement a été bien géré et les coûts ont été sous contrôle. En somme, le plus important, c’est le nombre impressionnant de ceux qui y ont participés et qui ont été profondément rejoints par la présence du Saint-Père, la foule de pèlerins et l’hospitalité de nos paroisses. Cela dépasse toutes nos attentes. » (extrait de la lettre du 15 octobre 2002 aux prêtres de l’archidiocèse de Toronto)

La firme comptable Ernst & Young est actuellement à l’œuvre pour la vérification des livres comptables et des états financiers vérifiés seront rendus publics au courant de la nouvelle année.

Mgr Peter Schonenbach, P.H.
Secrétaire
Conseil d’administration


Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Conférence des évêques catholiques du Canada
salvas@cecc.ca
Tél. : (613) 241-9461
Téléc. : (613) 241-9048