Lettre de la CECC à l'intention du ministre de la santé, David Dingwall

lundi le 14 octobre 1996


Honorable David Dingwall
Ministre de la Santé
Chambre des communes
Ottawa, ON
K0A 0A6

Monsieur le ministre,

Récemment, nous avons été alertés par les nouvelles dans les médias, au sujet des pressions que font certains ministres du gouvernement de la Colombie Britannique pour activer les essais cliniques sur la pilule abortive RU-486. Ce gouvernement s’apprêterait également à financer ces essais.

Bien que nous croyions que vous n’ayiez pas accepté les demandes d’accélérer les essais cliniques, nous désirons vous aviser que la Conférence des évêques catholiques du Canada s’oppose fermement et très vigoureusement à l’implantation de l’abortif RU-486 dans le pays. Cette pilule, sans effet thérapeutique, bien au contraire détruit la vie humaine et entraîne des risques pour la santé des femmes.

La déclaration de Mme Joyce MacPhail, ministre provinciale de la Santé, à savoir que cette pilule serait « une option à rendement plus efficace, à moindre coût, » est particulièrement choquante pour tous ceux et celles qui croient que l’avortement est une atteinte à la vie humaine, au stade le plus vulnérable de son existence.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique semble faire la promotion de l’abortif RU-486 pour solutionner les grossesses chez les adolescentes. C’est avec respect que nous souhaitons et proposons une approche plus juste de ce problème, par une formation adéquate appuyée sur d’authentiques valeurs humaines. Ces valeurs doivent avoir comme fondements le respect de la vie et de la dignité de la personne, ainsi que la conception d’une sexualité adulte qui s’exprime dans un engagement vécu avec maturité, respect et responsabilité.

Une troisième raison sous-tendant la promotion de cette « puissante pilule » serait que cette dernière ferait de l’avortement un acte plus privé. Peut-on vraiment soutenir qu’enlever une vie humaine soit un geste qui puisse se privatiser?

Si le gouvernement prend un rôle actif dans la promotion de l’avortement en appuyant ces essais cliniques, il offensera profondément la conscience et la sensibilité religieuses de millions de canadiennes et canadiens. Nous entendons porter une attention très suivie à cette question.

Recevez, Monsieur le Ministre, mes salutations les plus respectueuses.

† Francis J. Spence
Archevêque de Kingston
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada


Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Conférence des évêques catholiques du Canada
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