Rencontre des dirigeants des pays du G-7 : Lettre au Premier ministre Jean Chrétien concernant l'élimination de la dette des pays pauvres

jeudi le 14 mai 1998


Très Honorable Jean Chrétien
Premier ministre
Pièce 311-S, édifice du Centre
Chambre des communes
Ottawa, ON
K1A 0A2

Monsieur le Premier ministre,

À la veille du Sommet auquel vous participerez à Birmingham, en compagnie de vos collègues des pays les plus puissants du monde, nous vous demandons avec instance de poser un geste décisif visant à faire grâce aux pays les plus pauvres du monde d’une dette extérieure impayable. Ce geste constituerait un pas certain vers l’établissement d’un système économique international juste et équitable.

Dans sa lettre apostolique, intitulée Tertio Millennio Adveniente 1994, Sa Sainteté le pape Jean- Paul II a demandé « une réduction substantielle, voire l’annulation complète de la dette internationale qui menace sérieusement l’avenir de nombreux pays. » Nous vous réitérons cet appel, à vous qui êtes en position de faire preuve d’une plus grande générosité envers certains des pays  les plus pauvres du monde, et ce à un coût minimum.

À la lumière du jubilé que l’on célébrera en l’an 2000, nous croyons fermement que les pays créanciers sont moralement tenus de contribuer au bien-être des millions de personnes appauvris dans le monde. Nous apprécions que certains pays créanciers aient déjà soutenu le projet en faveur des pays pauvres extrêmement endettés, mais ce projet à lui seul ne résoudra pas le problème de la pauvreté. Aussi demandons-nous la création de nouveaux mécanismes susceptibles d’alléger la dette d’une façon rapide et efficace. En particulier, les pays extrêmement endettés qui ne répondent pas aux critères d’admissibilité actuels ont besoin d’une aide supplémentaire, surtout s’ils sortent d’une situation de conflit. Nous vous serions reconnaissants de voir à ce que tous les pays extrêmement endettés obtiennent d’ici l’an 2000 l’allégement nécessaire.

Nous reconnaissons que les gouvernements des pays endettés ont eux aussi des obligations. Ils doivent s’assurer que les économies résultant de l’allégement de leur dette servent bien à aider les plus nécessiteux, au lieu de disparaître dans les méandres de la mauvaise gestion ou de la corruption.

Pour offrir dès maintenant une aide rapide et généreuse aux pays les plus pauvres qui sont criblés de dettes, il faut à la fois faire preuve de leadership politique et contribuer de nouvelles sommes d’argent. Ces gestes constitueraient un pas décisif en vue de l’établissement d’un système financier international plus équitable pour le prochain millénaire.

Veuillez agréer, Monsieur le président, Monsieur le Premier ministre, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

†François Thibodeau, c.j.m.
Évêque d’Edmundston
Président du Comité des droits humains
de la Conférence des évêques catholiques du Canada


Source : Sylvain Salvas
Directeur du Service des communications
Conférence des évêques catholiques du Canada
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