Quelques fiches en ligne

Quels textes choisir pour la mémoire liturgique des saints?

Cet article a été publié originalement dans la revue Vivre et célébrer no 203, vol. 44, Montréal, Éditions de la Conférence des évêques catholiques du Canada, automne 2010.

Quand il s’agit de célébrer la mémoire des saints et saintes, différents critères peuvent nous guider dans le choix des textes liturgiques. D’abord, il est bon de vérifier quelle place leur accorde l’Église dans son calendrier liturgique. En effet, l’Église honore les saints et saintes selon des degrés de célébration d’importance différente. Depuis la réforme liturgique lancée par le concile Vatican II, trois degrés subsistent dans l’ordre prioritaire suivant en premier lieu, la « solennité  », puis la « fête  » et, à un degré moindre, la « mémoire  » qui se décline en mémoire « obligatoire  » et « facultative  ».


La mémoire des saints et saintes

Il y a quatre solennités mobiles (Sainte Trinité ; Saint-Sacrement ; Sacré-Cœur de Jésus ; Christ Roi de l’univers) et dix solennités fixes (sainte Marie, Mère de Dieu ; Épiphanie du Seigneur ; saint Joseph ; Annonciation du Seigneur ; Nativité de saint Jean Baptiste ; saints Pierre et Paul, apôtres ; Assomption de la Vierge Marie ; Toussaint ; Immaculée Conception ; Nativité du Seigneur).

Aux fêtes mobiles de la Sainte Famille et du Baptême du Seigneur s’ajoutent vingt-trois fêtes fixes parmi lesquelles on retrouve par exemple la conversion de saint Paul, la chaire de saint Pierre, la fête des apôtres et celle des évangélistes. Comme les solennités, les fêtes constituent des jours pleinement festifs étant considérées comme des exceptions.

La mémoire, quant à elle, est le simple rappel d’un saint ou d’une sainte au jour anniversaire de sa mort. Elle se célèbre dans la vie liturgique quotidienne par la liturgie des heures et l’eucharistie. Elle peut être obligatoire (soixante-trois propositions dans le calendrier liturgique) ou facultative (quatre-vingt-quatorze propositions). Les mémoires obligatoires comptent des mémoires universelles de l’Église, d’autres déterminées par la conférence épiscopale du pays, par un diocèse, par une paroisse ou par un ordre religieux. On peut donc choisir entre une mémoire marquée au calendrier général et une mémoire insérée dans le calendrier diocésain ou religieux. Selon les besoins, on choisira la mémoire particulière, c’est-à-dire la plus locale. Les mémoires offrent donc un large éventail de modèles montrant bien que la sainteté ne tient pas à un lieu ou à un temps particuliers. À chaque mémoire inscrite au calendrier correspondent une oraison propre dans le missel et une lecture hagiographique dans le bréviaire.

Le choix des textes

Toute messe est la célébration du mystère du Christ. Elle est célébrée en communion avec l’Église universelle, avec toute l’Église locale, mais elle est aussi célébrée par une assemblée concrète, avec ses préoccupations et ses besoins. Tenant compte de tout cela, selon les circonstances, il se peut qu’un aspect prévale sur l’autre. Dans le même sens, diverses situations pastorales peuvent inciter des assemblées à célébrer la mémoire d’un saint ou d’une sainte. Par exemple, l’attachement aux saints, saintes, bienheureux et bienheureuses du pays où l’on habite l’anniversaire d’une paroisse ou d’un diocèse dont le vocable est celui d’un saint ou d’une sainte une dévotion particulière d’un groupe (par exemple à la Vierge Marie) des anniversaires de profession religieuse une fête dans une communauté culturelle très attachée à un saint ou une sainte l’anniversaire d’une personne très dévouée dans la communauté et dont le saint patron est connu. Quels textes choisir ? Le calendrier pour l’année liturgique en cours – l’Ordo – est d’un grand secours. Il indique chaque jour le degré d’importance de la fête des saints et saintes, la couleur liturgique à utiliser et les textes qui conviennent.

Les dimanches, les jours de solennité, aux féries de l’Avent, du temps de Noël, du Carême et du temps pascal, aux fêtes et aux mémoires obligatoires, on suit le calendrier de l’Église où l’on célèbre. Tous les textes (antiennes, oraisons, textes bibliques et préface) sont en référence au mystère ou à la fête à célébrer. Lectures, prières et antiennes sont donc normalement prises au propre. Pour les mémoires facultatives, il faut tenir compte des nuances et des exceptions indiquées par la Présentation générale du Missel romain, au numéro 355. Quand on célèbre la messe en l’honneur d’un saint (qui n’est pas une solennité ou une fête), il faut au moins faire allusion au saint célébré par la prière d’ouverture. S’il n’y a pas de propre à ce saint, on peut puiser dans la diversité des communs ou la férie du temps liturgique. S’il n’y a pas de lecture biblique propre faisant mention du saint, les lectures peuvent être prises dans le lectionnaire propre ou au commun des saints. On choisira alors des lectures qui mettent en lumière un aspect particulier de la vie spirituelle ou de l’activité du saint ou de la sainte en question. Selon les saints et saintes célébrés, la préface peut être choisie parmi les préfaces des saints (surtout pour les solennités et les fêtes) ou les préfaces des communs dont certaines tiennent compte de la Vierge Marie, de saint Joseph, des apôtres, des saints martyrs, des saints pasteurs, des saints et saintes, vierges et religieux ou encore des saints en général.

Le dimanche, aux féries du temps ordinaire, nous pouvons substituer une autre messe à celle du temps ordinaire pour des motifs pastoraux valables et avec la permission de l’Ordinaire. Pour les messes célébrées la semaine, la nouvelle PGMR nous offre différentes possibilités. Nous pouvons célébrer la messe de la férie, la mémoire facultative qui tombe ce jour-là, la messe d’un saint au martyrologe ce jour-là, la messe pour des circonstances diverses ou des messes votives.

Alain Roy

L’auteur

Alain Roy est curé de la paroisse Saint-Joachim, à Pointe-Claire, dans l’Ouest de l’île de Montréal. Il a aussi été directeur du service de pastorale liturgique pour le diocèse de Montréal.