Les numéros imprimés parus

Le culte des saints dans la liturgie

Automne 2010, no 203

Vous les fidèles qui êtes par appel de Dieu,
le peuple saint,
que la grâce et la paix soient avec tous,
de la part de Dieu notre Père
et de Jésus Christ le Seigneur.
Lettre aux Romains 1,7

Le 19 février dernier, le pape Benoît XVI convoquait un consistoire pour signer le décret de canonisation de frère André Bessette de la Congrégation de Sainte-Croix de Montréal. Figure bien connue de chez nous en raison de son humble personnalité, de son service d’accueil et d’écoute, il a initié la construction et l’œuvre de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, mondialement reconnu et visité par d’innombrables pèlerins. Le saint frère André s’inscrit dans une tradition proprement chrétienne de sainteté qui ne cesse de questionner notre culture de plus en plus étrangère à cette réalité singulière du christianisme.

Or, la sainteté de frère André renvoie plus largement et plus fondamentalement au culte des saints qui remonte au début de l’Église et qui s’est perpétué au long des siècles non sans ambiguïté. Convient-il de le rappeler ici : la sainteté n’appartient qu’à Dieu et à son Fils unique Jésus Christ, le seul Saint, le seul Seigneur. Mais Dieu en a fait don à son peuple et le Christ l’a communiquée à son Église, à chacun des membres de son corps. L’histoire de la liturgie nous apprend que c’est d’abord aux martyrs, c’est-à-dire aux baptisés qui ont suivi le Christ par la mort violente, qu’a été appliquée cette dénomination de sainteté. Après la période de persécutions, le titre a été étendu à d’autres baptisés, fidèles du Christ en qui avait resplendi l’image de leur Seigneur. On a commémoré leur entrée au ciel, on a invoqué leur intercession, on les a donnés en exemple à la communauté des fidèles. Populaire dans ses origines et ses manifestations, le titre de sainteté ne devait recevoir une expression liturgique pour chacun de ceux et celles à qui il s’adressait qu’après avoir été ratifié par l’Église.

En soulignant la reconnaissance par l’Église de la sainteté de frère André, nous souhaitons dans ce numéro de Vivre et Célébrer revisiter le culte des saints dans son expression liturgique. Les articles du dossier retracent en chassé-croisé les origines du culte des saints pour mieux comprendre des expériences de piété populaire. Guy Lapointe, Gaëtan Baillargeon et Jacques Gauthier offrent un cadre théologique et liturgique à notre réflexion alors que Yoland Ouellet, Patrick Vézina et Claude Grou nous partagent des expériences populaires de foi vécues à l’Oratoire Saint-Joseph, ce qui ne manque pas de questionner la pratique liturgique en ce lieu comme en d’autres lieux de culte. Les fiches abordent des aspects très pratiques de la célébration liturgique des saints : textes à choisir, litanies à chanter, la Toussaint et le martyrologe, cet inconnu. Les chroniques font écho au récit d’une liturgie avec François d’Assise, explorent des expériences de rentrée pastorale (notamment le lancement de l’année pastorale et le dimanche de la catéchèse dans les diocèses du Québec) et présentent une entrevue avec une statuaire, Rose-Anne Monna. Béni soit Dieu dans ses saints et saintes !

Joël Chouinard, rédacteur en chef