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Le silence dans l’action liturgique

Été 2009, no 198

Écrire sur le silence dans la liturgie ne va pas de soi : un silence ensemble, soutenu, actif, vécu avec intensité par l’ensemble des membres d’une assemblée. La Constitution sur la liturgie, il y a près de 50 ans déjà, nous a invités à participer activement par les chants et à répondre aux salutations du président. Dans cette proposition conciliaire d’une participation active, quelle est la signification des pauses de silence dans la dynamique de la célébration ? Telle est la question et même le défi qui a présidé à la mise en œuvre de ce numéro de Vivre et célébrer.

Pour un bon nombre des participants aux célébrations liturgiques, il n’est pas évident que l’espace de la célébration soit un temps désigné pour « faire silence ensemble ». Pourtant, la nouvelle Présentation générale du missel romain insiste pour qu’il y ait des pauses de silence dans la célébration eucharistique. On entend si souvent que notre société ne favorise pas le silence. Combien de personnes et de groupes aspirent à des espaces de silence en se retirant dans des lieux monastiques ou dans la nature, à l’abri de la civilisation. On entend dire aussi que nos liturgies sont verbeuses : trop de textes y sont proclamés ou lus. Parfois même, trop de chants façonnent une « participation active » qui peut tourner à un activisme. On croit percevoir dans certaines assemblées le goût du silence. Ne peut-on pas souhaiter et mettre en œuvre des célébrations où le silence retrouve une place qui soit partie prenante de la dynamique des célébrations ?

L’aspiration au silence ne pourrait-elle pas trouver un lieu privilégié dans nos célébrations liturgiques ? Comment y réussir ? Quelle pédagogie est nécessaire pour conduire les participants à vivre, avec une intensité certaine, ces plages de silence ensemble, en assemblée ? C’est à réfléchir sur ces questions que les collaborateurs et les collaboratrices de ce numéro tenteront d’amener les lecteurs.

Le dossier aborde la question du silence sous divers angles et à partir d’expériences. Pour André Desautels, le silence est un élément de la participation active. Raymond Lemieux réfléchit sur le pouvoir du silence qui peut rompre le cours des choses dans la société. Armand Veilleux, à partir de son expérience monastique, montre comment la Parole nous engendre dans le silence. Puis viennent des réflexions sur les attitudes corporelles qui révèlent le silence (Robert Gendreau) et sur le silence comme écoute de la parole (Jean-Marc Guérette). Serge Comeau nous parle de l’expérience du silence dans les célébrations à Taizé. Je relate pour ma part l’expérience d’une assemblée qui entre dans un espace de célébration où le silence joue un grand rôle. Enfin, Marco Veilleux fait une relecture fort inspirante des textes du dossier.

Suivent les fiches et les chroniques qui tiennent compte du temps liturgique et des préoccupations du moment où paraît ce numéro. Je souhaite que la qualité exceptionnelle des réflexions de cette édition de Vivre et célébrer rejoigne le plus de personnes possible pour que les célébrations soient mieux habitées par un « faire silence ensemble ». Bonne lecture et donnez-nous de vos nouvelles :vivreetcelebrer@cecc.ca !

Guy Lapointe, rédacteur en chef