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Personnaliser un mariage

Cet article a été publié originalement dans la revue Vivre et célébrer no 190, vol. 41, Montréal, Éditions de la Conférence des évêques catholiques du Canada, été 2007.

Pendant de longs mois, Isabelle et Louis-Philippe se sont préparés au mariage. Sans oublier bien sûr la réception avec les parents et les amis. Ils ont pris soin de connaître en détail le déroulement de la célébration et le sens des gestes, des paroles. Ils ont voulu participer aux décisions concernant ces moments inoubliables de leur engagement l’un envers l’autre pour la vie. Ils ont voulu une célébration unique, personnelle et respectueuse du rituel de l’Église. Le dialogue a été franc, respectueux et fructueux. Cette expérience et quelques autres m’ont permis de préparer, sans prétention aucune, la présente fiche.


Les moments favorables à la personnalisation

L’entrée des fiancés : déjà des valeurs s’affirment – L’entrée traditionnelle avec l’un des parents ou avec le père et la mère ; ou l’entrée des fiancés ensemble, accompagnés parfois de leurs enfants.

Le mot de bienvenue – S’ils le désirent, les fiancés peuvent adresser quelques mots. Ils expriment les motifs qui les amènent à se marier à l’église. Ils terminent en présentant la personne qu’ils ont choisie pour présider la célébration et le pourquoi de ce choix.

L’échange des consentements – Le rituel prévoit une formule pour cet échange. Si on opte pour une formule plus personnalisée, elle doit quand même contenir l’engagement à la fidélité et à la durée (« tout au long de notre vie ») : c’est le propre du mariage chrétien.

Le baiser – Ne pas banaliser ce moment : c’est le premier baiser « en mariage » ! Suggestion de présentation :

C’est souvent par un baiser que les couples s’expriment leur amour. Ce geste fait partie de la liturgie du mariage. Isabelle et Louis-Philippe, je souhaite qu’au fil des années, ce geste demeure expression de tendresse et d’amour.

La signature du registre – La signature après l’envoi est à déconseiller. C’est comme si on disait : « Allez dans la paix du Christ, mais ne partez pas tout de suite, on a quelque chose à faire ! » Par contre, la signature après les rites du mariage peut être signifiante. Une personne désignée à l’avance apporte une petite table qu’elle place dans l’allée centrale avec une chaise. Le président fait la lecture du registre : c’est la mémoire d’une communauté. Les nouveaux mariés descendent du chœur et signent le registre devant l’assemblée avec les témoins et la personne qui agit au nom de l’Église.

La prière universelle – Déterminer avec les fiancés les intentions qui leur sont propres, par exemple leurs enfants, leur milieu de travail, des personnes défuntes, des parents et des amis qui ne peuvent être présents, etc.

La prière des nouveaux mariés – Avant la bénédiction finale. Cette prière tient lieu de prière de conclusion. Les nouveaux mariés remercient le Seigneur pour ce grand jour. À titre d’exemple :

Seigneur, nous te remercions de nous avoir mis sur le chemin l’un de l’autre. Donne-nous la grâce d’animer notre foyer de ton amour. Apprends-nous à nous aimer sans attendre rien en retour, à perpétuer notre amour dans nos enfants.

Un souci du président : « c’est le mariage de Louis-Philippe et d’Isabelle »

Dans la salutation du début, s’adresser d’abord aux fiancés : « Mon premier mot s’adresse tout naturellement à vous deux qui êtes au cœur de cette célébration. Je vous accueille avec grande joie… » Si les textes de la parole de Dieu ont été choisis par les fiancés, le mentionner. En invitant les témoins à s’avancer au moment de l’échange des consentements, les nommer : ce sont des personnes importantes pour les fiancés. Là où le rituel le prévoit, dire clairement les noms des fiancés ou des nouveaux mariés.

Quelques questions pratiques

Où placer les fiancés ? – Dans le chœur, face à l’assemblée, ce qui permet aux membres de l’assemblée de bien suivre les différentes parties de la célébration et aux fiancés d’être déjà en place pour les rites du mariage. Ou encore en avant de l’allée centrale, dos à l’assemblée, ce qui est une disposition plus traditionnelle.

Quels chants ? Quelles lectures ? – Question difficile, mais qui donne l’occasion de bien distinguer la célébration du mariage à l’église et la noce. Aborder le sujet des chants bien franchement : on ne peut chanter ni lire n’importe quoi à une célébration liturgique. Avoir un « coffre à outils », des suggestions à faire aux fiancés.

Peut-on baptiser à l’occasion d’un mariage ? – J’ai bien essayé de convaincre des fiancés qu’il valait mieux bien vivre la célébration de leur mariage et faire baptiser l’enfant en une autre occasion. Ce sont eux qui m’ont convaincu qu’une telle célébration pouvait avoir du sens. Et elle en a eu ! Parce que nous avons décidé d’intégrer dans la célébration du mariage les diverses parties du baptême : après le mot des fiancés et la salutation du président, l’accueil de l’enfant et le signe de la croix sur son front par toute l’assemblée ; après les rites du mariage, le baptême de l’enfant et les rites complémentaires comme l’onction, le vêtement blanc et la lumière ; après la prière de louange, l’enfant a été amené à l’autel pour le Notre Père et la prière des parents.

Le « toucher » des mariés : un geste de solidarité – Comme il n’y a pas de communion au pain eucharistique dans le cadre d’une célébration de la Parole, pourquoi ne pas proposer à l’assemblée un geste lui permettant d’exprimer sa solidarité envers les nouveaux mariés. Isabelle et Louis-Philippe ont été enchantés de cette proposition. La suggestion était la suivante :

Louis-Philippe et Isabelle viennent de s’engager dans un projet important. Nous aurons l’occasion, au cours de la fête qui va suivre, de leur présenter nos vœux et nos félicitations. Pour l’instant, je vous propose un geste bien simple pour leur dire que nous sommes avec eux, que nous communions à leur projet. Je vous invite donc, dans le silence, à venir toucher les nouveaux mariés pour leur manifester notre appui, notre solidarité et notre amour. Pas de baisers, pas de mots, un simple geste d’amitié. Et dans notre cœur, un désir profond de rester proches d’eux.

Un moment d’évangélisation

La préparation au mariage est un bon moment d’évangélisation. Nous en servons-nous suffisamment ? Sous prétexte que c’est leur mariage, nous laissons les fiancés introduire dans la célébration liturgique des éléments qui ne conviennent ni au lieu où le mariage est célébré ni à la grandeur de ce qui s’y déroule. Le rituel du mariage, bien utilisé et bien expliqué aux fiancés, offre toutes les possibilités pour personnaliser la célébration.

Julien Leblanc

L'auteur

Julien Leblanc est diacre, chancelier et responsable diocésain de liturgie pour le diocèse de Gaspé, au Québec.