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Lettre pastorale de la Conférence des évêques catholiques du Canada : Le Renouveau charismatique au Canada en l’an 2003

Commission de théologie
juin 200
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À l’occasion du 35e anniversaire du Renouveau charismatique au Canada, la Conférence des évêques catholiques du Canada adresse cette lettre pastorale à tous les fidèles.  Avec un cœur rempli de profonde gratitude et d’espérance renouvelée, nous vous invitons tous à vous unir à nous pour célébrer les nombreuses bénédictions et les nombreux dons que le Renouveau charismatique a apportés à la vie de notre Église canadienne au cours des trente-cinq dernières années.  Nous voulons aussi profiter de cette occasion pour mettre en lumière les nouveaux défis que le Renouveau charismatique doit affronter en ces jours où l’Église s’efforce de « s’aventurer au large »  au début d’un nouveau millénaire.

Avant de quitter ses apôtres, Jésus les rassure par ces mots : « Le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jn 14,26).  Il renouvelle leur espérance par la promesse de ne pas les laisser orphelins; l’Esprit viendra sur eux et Lui-même continuera d’être avec eux.  Si nous avions besoin d’un signe tangible que le Christ ressuscité a tenu sa promesse, la présence du Renouveau charismatique dans notre Église catholique canadienne serait certainement un tel signe.

Dès son émergence spontanée au Canada en 1968, le Renouveau charismatique s’est étendu d’un océan à l’autre et dans des endroits très éloignés les uns des autres.  Il a fait naître rapidement un grand renouveau de spiritualité et de vitalité.  Des groupes de prière ont surgi pratiquement dans chaque diocèse à travers tout le pays et très tôt s’organisent des associations de service religieux et de comités diocésains pour les unir et leur prêter main-forte.  Dans le secteur français, dès les années 1974-1975, se fonde l’ACFRCC (Assemblée canadienne francophone du Renouveau charismatique catholique) pour devenir dix ans plus tard l’ADDRC (Association des délégués diocésains du Renouveau charismatique).  Peu de temps après, afin d’unir et de soutenir les leaders du Renouveau charismatique au niveau national, le CCRSC (Canadien Charismatic Renewal Services of Canada) fut établi pour le secteur anglophone, et le CCRC (Conseil canadien du Renouveau charismatique) pour le secteur francophone.  Chaque secteur publie une revue officielle :  The Bread of Life et Selon Sa Parole .  Aujourd’hui, plus d’un million de catholiques canadiens ont été touchés ou  influencés d’une manière ou d’une autre par le Renouveau charismatique au Canada.  On compte quelques 862 groupes de prière dans approximativement 16 % des paroisses catholiques du pays.

Ce qui est particulièrement remarquable dans l’histoire et le rapide progrès du Renouveau charismatique, c’est la façon à la fois spontanée et systématique avec laquelle il a pris naissance parmi les fidèles pour devenir très rapidement un phénomène spirituel dans l’Église catholique canadienne et ce, à travers tout le pays.  Ce phénomène est d’autant plus remarquable que le Renouveau charismatique ne doit pas son origine à un fondateur inspiré ou à une figure charismatique. Il n’y a aucune liste de membres adhérants ni d’excès dans des structures rigides ou des règlements internes.  Le Renouveau charismatique est d’abord et avant tout un rassemblement d’individus, de groupes de prière, de communautés et d’activités grandement diversifiées.  Cependant tous partagent et poursuivent les mêmes buts à savoir : une continuelle conversion à Jésus-Christ,  une réceptivité à la présence, au pouvoir et aux dons de l’Esprit Saint, un amour profond de l’Église et à son œuvre d’évangélisation, une fraternité débordante, un zèle joyeux pour la proclamation de l’Évangile.  On peut dire que le Renouveau charismatique a été et continue d’être l’œuvre souveraine de Dieu, réalisée par l’action du Saint-Esprit.  Il touche la vie d’hommes et de femmes de toutes les couches de la société, renouvelle leur foi et allume en eux un amour et un zèle joyeux pour servir Dieu et son Peuple.  Des fidèles laïcs, ainsi que des religieux, des religieuses et des prêtres, ont accepté de se laisser surprendre par Dieu et ils ont connu une expérience quasi tangible de la présence et de l’action de l’Esprit  Saint dans leurs vies.

Alors que nous jetons un regard rétrospectif sur les trente-cinq années de l’histoire du Renouveau charismatique, il convient d’élever nos cœurs en action de grâce pour les nombreux dons et nombreuses bénédictions répandus dans l’Église catholique canadienne.   Nous invitons tous les fidèles à se joindre à nous alors que nous faisons nôtres ces mots du Pape Jean-Paul II « Comment ne pas rendre grâce pour les précieux fruits spirituels produits dans la vie de l’Église et dans la vie d’un grand nombre de fidèles par le Renouveau ?  Combien de fidèles laïcs –  hommes, femmes,  jeunes gens, adultes et personnes âgées – ont pu faire l’expérience du pouvoir étonnant de l’Esprit et ses dons !  Combien de fidèles gens ont redécouvert la foi et la joie dans la prière,  la puissance et la beauté de la Parole de Dieu,  traduisant tout cela dans un généreux service de la mission de l’Église !  Que de vies ont été profondément transformées ! »[1]

FRUITS SPIRITUELS ET LE RENOUVEAU CHARISMATIQUE

Afin de mieux célébrer les bienfaits que le Renouveau charismatique a apportés et continue à apporter à l’Église du Canada, nous voulons souligner et identifier ici certains de ses bienfaits spirituels les plus notables.

(1) L’EXPÉRIENCE DE VIE

Ce qui explique peut-être le mieux l’enthousiasme des participants au Renouveau charismatique provient d’une profonde expérience religieuse personnelle.  Le Renouveau charismatique n’est pas un enseignement ou un programme de formation comme tel; il est d’abord et avant tout une expérience personnelle ou une rencontre intime avec l’Esprit de Dieu.  Par exemple, il y a une énorme différence entre découvrir une région ou un pays en le parcourant soi-même ou tout simplement le connaître en lisant une revue ou un dépliant.  Faire le voyage soi-même crée un impact beaucoup plus profond et durable.  Il en est ainsi lorsqu’un chrétien(ne) est touché(e) ou envahi(e) par l’Esprit  de Dieu.  À divers degrés d’intensité, une telle expérience déclenche assez souvent chez la personne une remarquable et profonde transformation dans son comportement et son être.  Dorénavant, cette personne a une intuition accrue que l’Esprit de Dieu est réellement vivant, puissant et digne de confiance – même dans le monde sécularisé d’aujourd’hui.  À cet égard, le Renouveau charismatique rend un grand service à l’Église en faisant découvrir à chacun de ses membres un discernement personnel sur l’action de l’Esprit Saint et une reconnaissance certaine de la présence de l’Esprit autant dans leur vie personnelle que dans la vie de l’Église.  Cependant, il est vrai qu’une telle expérience personnelle de l’Esprit n’est pas réservée à seulement quelques rares membres choisis dans la famille de Dieu.  Elle peut se présenter et cela, de fait, arrive souvent, dans la vie de chaque chrétien(ne) qui est fidèle à sa vocation baptismale.  Cette expérience est toujours en rapport avec le témoignage des Apôtres et la foi vivante de l’Église à travers les siècles.

Dans la théologie classique de l’Eglise, l’Esprit Saint est l’Amour réciproque du Père et du Fils, ou selon la belle expression de saint Bernard, c’est le baiser du Père et du Fils.  Saint Thomas d’Aquin décrit  la troisième Personne de la Trinité comme la respiration du Père et du Fils, le battement même du cœur de Dieu.  Le Père et le Fils sortent d’eux-mêmes, pour ainsi dire, comme dans une extase mutuelle.  Et de cette commune extase, jaillit l’Esprit Saint.  Il ne s’agit pas ici d’une simple abstraction.  Nous sommes au cœur même de la vie chrétienne.  C’est ce dont le Renouveau charismatique a fait l’expérience et, de peur que nous l’oublions, il cherche à nous rendre plus conscients du fait que le Christ ressuscité veut que nous partagions l’Amour et la vie intimes de Dieu et que nous expérimentions aussi son  propre Esprit, son Extase divine.

(2) LA PRIÈRE

IUn autre trait caractéristique du Renouveau charismatique est la grande importance accordée à la prière, spécialement à la prière de louange et d’action de grâce.  Il a résolument fait sienne l’exhortation de saint Paul : «Soyez toujours dans la joie, priez sans cesse, rendez grâce en toute circonstance, car c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus.  N’éteignez pas l’Esprit,…» (1 Th 5,16-19).

Le but premier de la prière et des groupes de prière est de rendre grâce à Dieu le Père, par l’intermédiaire de Notre Seigneur Jésus-Christ, dans la puissance de l’Esprit Saint.  Une réunion de prière typique consiste généralement en chants de louange et de prières spontanées adressés au Père, au Fils et à l’Esprit Saint.  Elle est ponctuée par des lectures de l’Évangile, des moments de silence, du partage, des prières pour demander des guérisons et elle se termine souvent par des témoignages personnels et des remerciements.  Ces rencontres de prière s’inspirent des paroles de saint Paul : « …Quand vous êtes réunis, chacun de vous peut chanter un cantique, apporter un enseignement ou une révélation, parler en langues ou bien interpréter : que tout se fasse pour l’édification commune » (1 Co 14,26).  Ou bien encore lorsque saint Paul exhorte les chrétiens : « …Soyez remplis de l’Esprit.  Dites ensemble des psaumes, des hymnes et des chants inspirés; chantez et célébrez le Seigneur de tout votre cœur.  En tout temps, à tout sujet, rendez grâce à Dieu le Père au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ » (Ep 5,18-20).

Cette insistance sur la prière, tant individuelle que communautaire, est bien en accord avec l’exhortation du Pape Jean-Paul II.  Dans sa lettre apostolique Novo Millennium Ineunte, il parle de la prière comme « la substance même et l’âme de la vie chrétienne » , laquelle, dit-il, « est façonnée en nous par l’Esprit Saint » (no. 32).  C’est comme si le Pape faisait allusion au Renouveau charismatique lorsqu’il invite toutes les communautés chrétiennes de devenir « de véritables écoles de prière » (no. 33) – car, en effet, fondamentalement, c’est ce en quoi consiste le Renouveau charismatique.

(3) LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION

En 1983,  le Pape Jean-Paul II a fait un 1er appel en faveur d’une « nouvelle évangélisation » nouvelle par « son ardeur, ses méthodes et dans son expression ».   Le cœur et la source de cette nouvelle évangélisation se trouvent dans « l’impénétrable richesse du Christ » (Ep 3,8) et la nécessité de proclamer l’amour rédempteur de Dieu manifesté en Jésus-Christ.  L’évangélisation commence toujours par une profonde conversion à la personne du Christ.  C’est la continuation du ministère de Jésus, à travers l’Église, par la puissance de l’Esprit Saint.  La contribution du Renouveau charismatique a été remarquable aussi en ce domaine.  Il a toujours considéré la conversion personnelle comme le but de l’évangélisation, c’est-à-dire, un abandon total à la personne de Jésus Christ, un abandon qui, en retour, donne accès à la puissance de l’Esprit Saint.  C’est ce qui donne aux participants(es) du Renouveau charismatique l’ardent désir du baptême dans l’Esprit.  Ces derniers cherchent à faire l’expérience la plus profonde possible du surgissement du Saint-Esprit et à être confirmés dans cette « vie nouvelle » qui en résulte.  L’expression « baptisé dans l’Esprit » indique une expérience de Dieu qui produit chez la personne plusieurs effets tels : un nouveau ou plus grand désir de prier, une augmentation considérable de sa faim d’une meilleure compréhension de l’Écriture Sainte, une connaissance plus pénétrante de l’Esprit de Dieu et un désir personnel de promouvoir la mission d’évangélisation de l’Église.

Ce n’est pas une nouveauté dans l’Église : le Saint-Esprit a toujours été actif dans l’Église, et le Nouveau Testament présente cela comme tout à fait normal dans la vie de chaque chrétien(ne).  Ce qui est nouveau et ce qu’apporte le Renouveau charismatique à l’Église aujourd’hui, c’est précisément une prise de conscience plus vive et renouvelée de la présence active et des œuvres de l’Esprit.  Cela demeure le cœur et le point central de la spiritualité du Renouveau.  Ainsi, le Renouveau charismatique ne se considère pas comme un mouvement « à part » de l’Église.  Au contraire, il se voit comme une conséquence ecclésiale tout à fait normale de ce qui arrive lorsqu’on embrasse et prend au sérieux l’initiation chrétienne dans sa plénitude.  Voilà pourquoi le Pape Paul VI et le Pape Jean-Paul II ont insisté tous les deux sur le fait que le Renouveau charismatique est une grâce dans l’Église et pour l’Église entière.

(4) LE SERVICE GRATUIT RENDU AUX AUTRES

Le Renouveau charismatique nous rappelle constamment que les charismes sont, d’abord et avant tout, des dons de Dieu et « sont excessivement convenables et utiles aux besoins de l’Église »[2].  Ces dons sont confiés à des individus d’abord pour le bénéfice des autres.  Les membres du Renouveau charismatique ont toujours été très conscients de cette dimension de service qui découle des dons de Dieu ainsi dispensés.  À cet égard, ils prennent très au sérieux les paroles de l’apôtre Pierre : « Mettez-vous, chacun selon le don qu’il a reçu, au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, variée en ses effets » (1 P. 4,10).  Évidemment, cela ne veut pas dire que seuls les membres du Renouveau charismatique reçoivent de tels dons; au contraire, chaque chrétien est ainsi gratifié dans le sacrement du baptême et celui de la confirmation : « chacun reçoit de Dieu un don particulier, l’un celui-ci, l’autre celui-là » (1P. 7,7).  Cependant, le Renouveau charismatique a certainement été un bon et fidèle intendant en nous évitant de négliger l’importance des dons gracieux de Dieu à son Église pèlerine.  Les membres du Renouveau sont non seulement rapides à reconnaître les dons des autres, mais ils sont prêts à servir les autres et partager avec eux quelle que soit la nature de ces dons qu’ils ont eux-mêmes reçus.

Le Renouveau charismatique rend ainsi un précieux service à l’Église par ce qu’on pourrait appeler « sa fonction mémoriale » : il nous oblige tous à nous rappeler et à garder constamment en mémoire quelque chose que nous avons appris par la révélation divine, mais qu’en pratique nous sommes souvent portés à oublier,  à savoir, le caractère purement gratuit de notre existence chrétienne.  Par cette capacité « mémoriale » le Renouveau charismatique est un vrai signe pour tous les fidèles que l’Esprit Saint entoure et habite tout à la fois la famille de Dieu.  Il sert à nous rappeler avec force que nous devons tous avoir une attitude d’ouverture et de disponibilité reconnaissante pour chaque don que l’Esprit désire déposer dans notre cœur.  De tels dons sont ultimement dispensés pour la construction et l’édification de la communauté ecclésiale.

(5) LES GUÉRISONS

Un autre trait saillant du Renouveau charismatique est son ministère de guérison.  Très tôt, le Renouveau a compris que ce ministère faisait partie intégrale du ministère de Jésus et que ce dernier a donné ce pouvoir à ses disciples également.  La foi semble avoir été un élément crucial au moins dans certains cas de guérisons, effectuées par Jésus, comme lorsqu’il dit : « Va, ta foi t’a sauvé » (Mc 10,52).  Par contre, en d’autres circonstances,  par contraste, l’incrédulité et le manque de foi de la part de ses auditeurs empêchaient parfois la guérison de se produire : « Et il ne pouvait faire là aucun miracle, pourtant il guérit quelques malades en leur imposant les mains.  Et il s’étonnait de ce qu’ils ne croyaient pas » (Mc 6, 5-6).

Le Renouveau charismatique considère la guérison comme un des pouvoirs du Saint-Esprit et il a embrassé ainsi ce ministère comme une partie intégrante de sa mission.  Il a reconnu aussi que chez les êtres humains, il y a différentes sortes de maladies : maladies du corps causées par un mal physique ou un accident; maladies du psychisme due à des traumatismes psychologiques du passé; maladies d’âme causées par le péché personnel ou par l’action des forces du mal. Jésus aussi a reconnu ces différents besoins de guérison : (a) au niveau physique comme, lorsqu’il a guéri l’aveugle, le boiteux, le paralytique ; (b) le recouvrement de la dignité humaine perdue comme, lorsque Jésus a pardonné à  la femme adultère ou rendu hommage à Zachée; et (c) au point de vue du sens moral et de la libération des puissances de la vie, comme lorsqu’il a chassé les puissances démoniaques, ou lorsqu’il a enseigné comment vivre les Béatitudes et l’amour du prochain.

En d’autres mots, le Renouveau charismatique ne considère pas la guérison seulement à partir de la maladie physique, mais de n’importe quel obstacle qui empêche de s’abandonner complètement à Dieu.  Tout comme Jésus lui-même, le Renouveau charismatique comprend d’abord son ministère de guérison comme un moyen d’enlever les obstacles qui empêchent quelqu’un de prendre conscience de la présence de Dieu, une façon de susciter une réponse plus pure, plus vraie à l’amour de Dieu.  De ce point de vue, la guérison n’est pas perçue comme un moyen en soi, mais comme une façon de rendre gloire au Père, au nom de Jésus-Christ, par le pouvoir de guérison de l’Esprit.

Dans son tout premier message pastoral sur la maladie et la guérison, pour une espérance nouvelle dans le Christ – lettre qu’il vaut la peine de relire –  la Conférence canadienne des évêques catholiques reconnaissait le grand intérêt de la Bible pour la santé de toute la personne et de toutes les personnes, un ministère que l’Église a toujours été fidèle à remplir tout au long de son histoire.  La lettre pastorale reconnaissait aussi qu’avec Jésus « la guérison de l’âme et du corps devient un signe évident que le Royaume de Dieu est déjà présent »[3].

Pour tous ces dons précieux et plusieurs autres que le Renouveau charismatique a dispensés à l’Église du Canada au cours de ces trente-cinq dernières années, nous rendons grâce et nous bénissons le Seigneur de qui toutes bonnes choses nous sont données par l’Esprit Saint.

NOUVEAU MILLÉNAIRE ET NOUVEAUX DÉFIS

Dans sa lettre apostolique Novo Millennium Ineunte, le Pape Jean-Paul II a tracé un véritable trajet de navigation pour l’Église alors qu’elle s’aventure dans un nouveau millénaire.  Dans sa lettre,  il a effectivement tourné le regard du Peuple de Dieu vers l’avenir en anticipant les défis qui nous attendent.  Dans un même état d’esprit, nous portons maintenant notre attention sur quelques défis que le Renouveau charismatique aura à faire face dans les années à venir.

(1) LA QUESTION DES SÉANCES DE GUÉRISON

Tout en reconnaissant que la guérison fait partie intégrante de la vie et du ministère du Renouveau charismatique et que, au fil des années, plusieurs personnes ont été les bénéficiaires du pouvoir de guérison de l’Esprit, il faut se rappeler que les dons de guérison de l’Église dépassent le seul cadre des guérisons charismatiques.  Dans son message pastoral de 1983, Nouvelle espérance dans le Christ,  La Conférence canadienne des évêques catholiques parlait de la diversité des ministères de guérisons disponibles dans l’Église :   

« Certaines personnes apportent cette plénitude de vie en assumant leurs propres souffrances.  D’autres, s’appuyant sur leurs talents naturels, ont développé leur habilité médicale sous l’égide du Christ.  D’autres encore ont été gratifiés de ce don peu commun qu’est le charisme de guérison.  Tous ces dons, l’Église les célèbre et les récapitule pour ainsi dire dans le sacrement de l’Onction des malades où le ministère ecclésial de guérison est intimement associé au ministère de la réconciliation ».[4]

Le riche potentiel de ces différentes formes du ministère de la réconciliation dans l’Église doit être exploité et célébré, sans exclusion aucune.

On ne devrait pas introduire ou incorporer un service de prière de guérison à l’intérieur de la célébration eucharistique.  La célébration eucharistique, à cause de sa propre structure rituelle, n’est pas le lieu apte à incorporer un service de guérison. Par ailleurs, il est possible de concevoir qu’un service de prière de guérison peut avoir lieu avant ou après la messe pour ceux qui ont manifesté le désir ou le besoin d’un tel service.  La guérison revêt toujours une dimension sociale, comme d’ailleurs toute forme de réconciliation. Peut-on rêver que la demande de réconciliation, comme la prière de guérison, devienne pratique normale dans la vie quotidienne, surtout dans nos familles chrétiennes. En effet, la prière de guérison revient de droit à tout chrétien baptisé, elle n’est pas restreinte aux seuls ministres ordonnés. Quand une onction survient dans un service charismatique de guérison il est important d’expliquer clairement aux fidèles qu’il ne s’agit pas d’une onction sacramentelle.  Lorsque l’huile est utilisée pour une onction non sacramentelle à l’occasion d’un service de prière de guérison, on prendra soin d’expliquer la différence de celle-ci avec celle du sacrement de l’Onction des malades.

(2) L’APPUI ET L’ENGAGEMENT DES PRÊTRES

Les membres et les dirigeants du Renouveau charismatique ont souvent exprimé le désir et le besoin d’un plus grand encouragement et d’une plus grande participation des prêtres dans le Renouveau.  Ce désir s’exprime en terme d’un besoin croissant du Renouveau pour la direction spirituelle et l’accompagnement.  Il y a eu tellement de changements depuis le début du Renouveau charismatique au Canada qu’à cette étape de maturité, ses membres se sentent souvent privés de l’aide et de l’appui dont ils auraient besoin dans notre monde en changements si rapides.  Il n’y a pas de doute, la direction spirituelle est en grande demande aujourd’hui dans chaque secteur de la vie.  Comme ce fut peut-être le cas dans le passé, elle n’était pas tellement considérée si ce n’est comme un luxe spirituel utile seulement à quelques hommes et femmes religieux.  Aujourd’hui, la direction spirituelle est considérée comme une composante essentielle de la vie de foi par un nombre grandissant de fidèles laïcs.  C’est quelque chose dont ils ont besoin et qu’ils demandent de plus fréquemment – et avec raison  !   De plus, plusieurs expriment le besoin d’être accompagnés lorsqu’ils viennent du « nouvel âge », l’ésotérisme, l’occultisme ou d’autres mouvements spirituels qui sont présents dans notre société d’aujourd’hui.

D’un autre côté avec la diminution du nombre de prêtres dans plusieurs diocèses, le nombre de demandes de services pastoraux exigés des prêtres a  augmenté considérablement. On ne peut s’attendre non plus à ce qu’un prêtre soit un expert pour résoudre tous les problèmes qui surgissent dans la société d’aujourd’hui – encore moins d’avoir toutes les réponses à ceux-ci .  Bien qu’il existe «beaucoup de bonne volonté» et de «sympathie mutuelle» et de la part du Renouveau charismatique et des prêtres en général,  le besoin d’une collaboration plus étroite demeure.  On doit trouver le moyen de relever ce défi, ce qui requiert certainement de part et d’autre une « plus grande créativité de charité » , comme l’a demandé le Pape Jean-Paul II[5].

Par conséquent, nous exhortons tous les prêtres et séminaristes à étudier et à faire des efforts pour devenir plus compétents dans l’art de la direction spirituelle.  La foi est un voyage ardu même dans les situations les plus favorables; mais aujourd’hui, plus que jamais, les fidèles requièrent des guides et des conseillers compétents dans le domaine spirituel.  Le directeur spirituel d’aujourd’hui doit être très attentif à la présence de Dieu dans la vie de son dirigé et accompagner cette personne pour qu’elle intègre bien prière et vie, contemplation et action, foi et justice.  Cette faim grandissante pour la direction spirituelle n’est-elle pas un des nouveaux « signes des temps » ?

Serait-ce un signe providentiel qui nous invite à repenser nos priorités ministérielles? Nous pressentons qu’il y a là une heureuse opportunité d’accompagner et de cheminer avec les fidèles en recherche, de les aider à découvrir le grand trésor de leur cœur, à savoir, la beauté et les profondeurs de la grâce déjà reçue en eux au baptême.

(3) LA QUESTION DU LEADERSHIP

Alors qu’il se prépare à «avancer au large» du nouveau millénaire,  le Renouveau charismatique fait bien d’examiner à nouveau la manière dont ses dirigeants(es) assument et accomplissent leurs fonctions.  Plusieurs ont fait la remarque qu’après trente-cinq ans, le Renouveau charismatique au Canada a perdu un peu de sa vitalité originelle, que l’engagement envers le Renouveau a diminué et que certains dirigeants(es) de groupes de prière au niveau local commencent à éprouver de la fatigue après des années de direction à la tête de ces groupes.  Le fardeau du leadership prolongé au niveau local serait-il une raison qui expliquerait pourquoi le Renouveau a perdu une partie de sa vitalité initiale, de son dynamisme et de sa capacité d’attirer les plus  jeunes membres de la communauté ecclésiale ?

C’est une certitude, un bon leadership et une bonne direction font aussi partie des dons de l’Esprit Saint.  Dans sa lettre aux Romains (Rm 12, 6-8), saint Paul nous rappelle que la fonction de « celui qui préside » est une vocation, un don du Saint-Esprit.  Cependant, un tel don exige une formation continue pour acquérir les habilités d’un leadership efficace.  Dieu travaille avec la nature et non pas contre la nature, pour citer une vieille maxime du Moyen-Âge, ce qui signifie que nous devons coopérer aux dons de Dieu avec tout le savoir-faire humain et toutes les ressources mises à notre disposition.  Par conséquent, il est d’une importance capitale de revoir périodiquement et d’évaluer la manière avec laquelle – et avec quel succès – le leadership du Renouveau charismatique est vraiment assumé, maintenu, exercé et éventuellement transmis à une génération plus jeune.  Sans une telle réévaluation continuelle de son leadership, un mouvement peut perdre sa vitalité initiale, son élan et son attrait contagieux.  Une telle révision devrait honnêtement réexaminer les critères qui servent aux choix des dirigeant(es), la manière dont ils assument cette responsabilité, l’étendue des moyens qu’ils se sont donnés pour une formation continue, le temps de leur mandat dans cette fonction et la procédure ou le mécanisme de transmission du leadership d’une façon harmonieuse à la  fin d’un mandat dans le mouvement.

Un leader est une personne dont le principal souci est l’efficacité i.e. qu’il s’assure que les bonnes conditions et directives ont été établies de manière à encourager les personnes à donner tout leur potentiel.  Le leader comprend que des résultats soutenus à long terme ne s’obtiennent pas en commandant aux gens de faire des choses.  Le leadership suppose une manière d’agir où les gens suivent volontiers.  Cela requiert de l’habilité à planifier, à organiser, à coordonner et à diriger.  Cela est particulièrement vrai de nos jours alors que le leader doit composer avec des changements accélérés, une diversité de cultures, beaucoup d’attentes de la part des membres et un défi continuel en regard des ressources, tant humaines que financières.  Une telle attention aux qualités humaines de base ne contredit pas l’attention aux dons et aux inspirations spontanées du Saint- Esprit : au contraire, le développement de ces qualités de leader ne peuvent que mettre en valeur et appuyer le travail de l’Esprit.

Un bon leader chrétien n’est pas seulement un bon administrateur mais il « rend témoignage » à l’Évangile dans et par l’exemple de sa vie.  Voilà ce qui donne spécialement à un leader une force d’attraction irrésistible.  Comme l’a souligné le Pape Jean-Paul II  : « Unis au Christ, le « grand prophète » (Lc 7,16), et constitués  dans l’Esprit témoins du Christ Ressuscité, les fidèles laïcs sont appelés à faire briller la nouveauté et la force de l’Évangile dans leur vie quotidienne, familiale et sociale ».[6]  Plongés comme ils le sont dans le monde qui est leur milieu normal de travail, on compte sur les fidèles laïcs pour manifester le Christ à travers le témoignage de leur vie de foi, d’espérance et de charité.  En effet, leur capacité à rendre témoignage dans le monde est d’autant plus grand si leur vie rayonne d’une sainteté personnelle, puisque « la sainteté est le plus grand témoignage  de la dignité conférée à un disciple du Christ ». [7]

(4) LA QUESTION DE LA FORMATION PERMANENTE

La formation revêt non seulement une importance particulière pour les responsables de groupe, mais, en ces temps de changements rapides, il devient de plus en plus évident que la formation permanente doit être accessible aussi à tous les membres de tout mouvement ecclésial – à vrai dire à tous les fidèles laïcs.  Dans son exhortation apostolique Christifideles Laïci, le Pape Jean-Paul II alla jusqu’à dire avec une grande insistance que la formation des fidèles laïcs doit figurer parmi les priorités de chaque diocèse. «Mieux nous nous formons, écrit-il, et plus nous éprouvons le besoin de poursuivre et d’approfondir cette formation, plus nous sommes formés et nous nous rendons capables de former les autres ».[8]  Le chapitre V de cette exhortation apostolique est entièrement consacré aux multiples aspects inter-reliés de ce que le Pape Jean-Paul II appelle une «formation totalement intégrée» du fidèle.  Les diverses composantes d’une telle formation, explique-t-il, comprennent : la formation spirituelle, la formation doctrinale, l’indispensable besoin de posséder une connaissance plus précise de la doctrine sociale de l’Église, aussi bien que la culture des valeurs humaines.

Nous exhortons donc les membres du Renouveau charismatique ainsi que tous les fidèles laïcs à faire un plus grand usage des nombreuses ressources bibliques et théologiques présentement à notre disposition.  Dans le monde pluraliste d’aujourd’hui, où tant de points de vues et d’opinions en opposition cherchent à influencer, le besoin d’une formation continue en théologie est évident.  Cela s’avère particulièrement vrai en ce qui concerne la façon dont les gens interprètent la Bible aujourd’hui.  Certaines personnes en font une lecture fondamentaliste, trop littérale, alors que d’autres en font une lecture trop subjective. Face à ces deux extrêmes, la pensée théologique, enracinée dans une foi vive et éclairée, s’avère un élément important dans une juste lecture de la Bible. En effet, en tant que « foi en recherche d’intelligence », la théologie n’est rien d’autre que l’effet d’approfondir et de mieux comprendre notre foi, de mieux l’exprimer et ainsi de rendre compte de l’espérance qui nous habite (1 P  3,15).

La Commission de théologie de la Conférence des évêques catholiques du Canada a récemment créé un site Web  qui offre une riche documentation pour cette formation permanente : http://theologie.cccb.ca/   Vous y trouverez des modèles utiles pour des groupes de discussion, des méditations et des réflexions sur tous les thèmes majeurs de la lettre apostolique du Pape Jean-Paul II, Novo Millennium Ineunte.  De plus, il y a plusieurs ressources théologiques disponibles qui peuvent aider quelqu’un dans l’acquisition d’une meilleure «formation intégrale».  Le Pape nous le rappelle, une attention spéciale doit être apportée à la culture locale dans laquelle nous vivons et travaillons : «La formation des chrétiens tiendra le plus grand compte de la culture humaine du lieu, qui contribue à la formation elle-même».[9]  «En ce sens, la culture doit être considérée comme le bien commun de chaque peuple, l’expression de sa dignité, de sa liberté et de sa créativité, le témoignage de son cheminement historique ».[10]

CONCLUSION

Nous reprenons ici, pour le bénéfice de tous les catholiques canadiens, les mots de conclusion du premier message que nous vous adressions en 1975 sur le Renouveau  charismatique :

Demeurons à l’écoute de l’Esprit. Lui seul peut mener à leur terme, par des chemins qu’aucune main humaine ne peut tracer à l’avance, nos efforts conjugués pour construire la communauté ecclésiale de demain.

Cette exhortation pastorale est aussi d’à-propos aujourd’hui alors que nous énoncions ces mots pour la première fois il y a trente-cinq ans.  On peut même dire qu’ils prennent un sens encore plus urgent aujourd’hui alors que nous nous aventurons, ensemble, sur les eaux incertaines d’un nouveau millénaire.

Pentecôte 2003


[1] Paroles adressées par le Pape Jean-Paul II au Service National du Comité Italien « Renouveau dans l’Esprit »  Rome, le 4 avril, 1998

[2]  Concile Vatican II Lumen Gentium, # 12

[3]  CECC,  Pour une nouvelle espérance dans le Christ, 1983,  # 11

[4]  CECC,  Pour une nouvelle espérance dans le Christ,  1983, #  26

[5]  Novo Millennium Ineunte,  # 50

[6]   Jean-Paul II, Exhortation apostolique Christifideles Laïci,  # 14

[7]  Idem

[8]   Ibidem  # 63

[9]  Christifideles Laïci # 63.

[10]  Jean-Paul II, Exhortation apostolique, Christifideles Laïci,  #  44

Message de la Pentecôte 2022 aux mouvements et associations catholiques

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Indépendamment de la valeur liturgique de la chanson, un air en anglais très populaire il y a des années déclarait avec audace : « L’Esprit est en mouvement, partout, partout sur cette terre! » Les couplets de ce cantique ont poursuivi en déclarant certaines des diverses façons dont nous pouvons voir la manifestation de cet Esprit. Bien que l’événement de la Pentecôte ait eu lieu il y a plus de deux mille ans à Jérusalem, ce n’est tout de même pas un événement unique du passé . Il ne faut pas désespérer de l’action et de la présence de l’Esprit dans l’Église aujourd’hui. Les promesses de Jésus d’envoyer l’Esprit Saint sont relatées dans Jean 16, 4b-15. Après avoir donné une leçon d’action en lavant les pieds des disciples après le dernier repas, Jésus continue en leur annonçant la venue de l’Esprit.

On pourrait se demander, quels sont alors certains des signes de la présence de l’Esprit avec nous maintenant? C’est toujours l’objet du discernement, regarder les signes des temps et voir ce qui ne peut généralement être vu qu’avec les yeux de la foi. Un signe contemporain de la présence et de l’action de l’Esprit parmi nous, nous assurant que nous ne sommes pas orphelins, est le processus de synodalité qui conduira toute l’Église au XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques à Rome en 2023.

Malgré une certaine confusion autour des détails, le processus de synodalité a été identifié comme une œuvre de l’Esprit. Dans chacun des cercles de rassemblement tenus dans nos paroisses et nos diocèses, il y a des voix d’encouragement et d’espoir que les voix des petites gens, les gens ordinaires, sont entendues et perçues comme des incitations du Saint-Esprit. La synodalité comme exercice de discernement de la voix de l’Esprit a toujours existé dans l’Église. Depuis le Concile de Jérusalem (Actes 15, 1-29), les apôtres et leurs successeurs (les évêques) se sont longtemps réunis pour prier et résoudre les problèmes urgents de leur époque. L’un des éléments uniques de l’exercice actuel de la synodalité est le désir d’entendre les expériences et les réflexions de ceux et celles qui se trouvent à la périphérie, ou aux marges, de la vie et de l’influence de l’Église. Jusqu’à présent, les synodes ont été l’expression du discernement et du leadership épiscopal. Le pape François nous appelle à accueillir et à entendre les voix de ceux et celles dont nous entendons rarement, voire jamais, la sagesse.

Nous devons garder à l’esprit que la synodalité est un exercice ecclésial. Il ne s’agit pas d’un parlement civil où le plus grand nombre de voix l’emporte, ou où les parties sur une question ou une politique négocient pour trouver un terrain d’entente. C’est un exercice d’écoute priante des expériences et de la sagesse, par lequel nous discernons la présence et l’action du l’Esprit Saint. Ce même Esprit n’a pas été absent depuis qu’il est venu sur les premiers disciples. L’Esprit Saint leur a apporté des dons spirituels, qui leur ont donné le courage et la charité universelle qui les ont encouragés à parler publiquement de la personne et de la mission de Jésus.

Viens, Esprit Saint, remplis le cœur des fidèles. Et allume en eux le feu de ton amour.

Comité permanent pour les relations avec les mouvements et les associations catholiques
Conférence des évêques catholiques du Canada

Pentecôte 2022

Message de la Pentecôte 2021 aux mouvements et associations catholiques du Canada

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Les réalités spirituelles sont habituellement si sublimes que nous les comprenons non en en parlant directement, mais seulement au moyen d’images et d’allusions. Jésus était maître de ce procédé, particulièrement quand il s’agissait de parler du Royaume de Dieu. De fait, le Royaume de Dieu était l’objet de ses paraboles. À quoi allons-nous comparer le Royaume de Dieu? demande-t-Il (Marc 4, 30). Il ressemble à une graine de moutarde, la plus petite de toutes les semences; il est comme le levain qu’une femme mélange à des mesures de farine; il est comme un marchand à la recherche de belles perles. Ces images invitent l’auditeur à réfléchir aux qualités et aux caractéristiques de l’image même, puis à saisir le sens des réalités spirituelles qu’elle symbolise.

En célébrant la solennité de la Pentecôte 2021, attardons-nous un peu à l’action du Saint-Esprit dans la communauté chrétienne. Nous décrivons la Pentecôte comme « l’anniversaire de naissance de l’Église ». Les premiers disciples, qui avaient rencontré Jésus pendant son séjour sur la terre, avaient assez d’enseignements et d’instructions pour continuer sa mission sur la terre. Seulement, il leur manquait l’Esprit. Avec la venue du Saint-Esprit, ils ont eu la confiance et le courage de proclamer Jésus et son message. Vraiment, l’Église était née.

L’évêque et théologien célèbre saint Irénée de Lyon (130-202 ap. J.-C.) utilise une belle image en parlant de la formation de l’Église : « Comme de farine sèche on ne peut, sans eau, faire une seule pâte et un seul pain, ainsi nous, qui étions une multitude, nous ne pouvions non plus devenir un dans le Christ Jésus sans l’Eau venue du ciel. » Qu’est-ce que peut être cette eau? Saint Irénée ajoute : « Par le baptême qui nous libère du changement et de la corruption, nous sommes devenus un seul corps; par l’Esprit nous sommes devenus une seule âme. »

Frères et sœurs, chérissons ces images dans notre cœur. Jésus a prié pour que nous soyons tous Un en Lui. Cette unité avec le Seigneur ressuscité est notre source d’espérance alors que nous continuons à relever les défis de la pandémie. Nous trouvons également espérance par l’intermédiaire de la solidarité de nos communautés. Les différences de langage et de culture qui distinguaient les communautés chrétiennes de l’Église primitive ne les séparaient pas. Nous voyons dans la société contemporaine (et, malheureusement, dans certains milieux de l’Église) des fissures troublantes provenant d’idéologies et d’alliances. Moi, j’appartiens à Paul. Moi, j’appartiens à Apollos. (1 Co 3, 4) Et qui appartient au Christ? Seulement ceux et celles qui sont pénétrés de l’Esprit véritable de Jésus Lui-même.

Pendant ces jours de la Pentecôte, ayons un seul esprit et un seul cœur. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. (Éphésiens 4, 5)

Comité permanent pour les relations avec les mouvements et les associations
Conférence des évêques catholiques du Canada

Pentecôte 2021

Message de la Pentecôte 2020 aux mouvements et associations catholiques du Canada

Chers membres des mouvements et associations,

Le temps s’est arrêté… mais l’Esprit souffle!

Les frontières se sont fermées, l’isolement se fait sentir, la distanciation fait son oeuvre bien que l’on trouve moyen de rester liés par divers médias et technologies. À travers la pandémie, l’humanité encerclée par une même souffrance entre dans la recherche solidaire de solutions pour épargner les populations, surtout les gens fragilisés du côté de la santé, de l’emploi : chacun de nous est atteint par la question « qui sommes-nous? ».

L’humain responsable cherche nécessairement le contrôle des situations et la science y va de ses pronostics.

L’expérience de Pentecôte a permis aux disciples d’entrer dans une grande ouverture pour continuer avec l’Esprit Saint la mission de Jésus sur toute la terre. Le Cénacle n’est plus un caveau et l’audace a succédé à la peur. On dit que ce ne sera plus pareil après la Covid-19 : notre façon de faire Église, nos manières de penser le monde, de vivre ensemble… Depuis la Pentecôte, tout a basculé du côté d’un avenir ouvert à jamais par l’Amour et porté par la fécondité du Royaume. Chacun doit travailler à ce que reste ouvert cet avenir. Éclairée par la foi, l’expérience humaine de précarité et de fragilité devient une chance pour vivre la grâce d’écoute et d’abandon, de guérison et de discernement avec le Souffle de Dieu.

Comme pour les deux disciples, la boussole du coeur brûlant pour Dieu marque notre regard d’espérance. Beaucoup d’initiatives et de disponibilités nous ont dévoilé la grandeur des proches aidants et des travailleurs de soutien des milieux de santé. Elle est aussi là la Pentecôte qui déconfine la paix et abaisse les éloignements dus au péché.

À tous les groupes et associations portés par l’enthousiasme de la mission, joie et audace dans l’après Covid où l’Esprit Saint crée et recrée!

Comité permanent pour les relations avec les mouvements et les associations
Conférence des évêques catholiques du Canada

Pentecôte 2020

Message aux mouvements et associations catholiques du Canada pour la Pentecôte 2019

La Pentecôte 2019 porte un accent particulier : le pape François nous invite à vivre un mois missionnaire extraordinaire en octobre 2019 pour demander une véritable conversion missionnaire de toute l’Église.

« Nous n’avons pas un produit à vendre mais une vie à communiquer : Dieu, sa vie divine, son amour miséricordieux, sa sainteté! C’est l’Esprit Saint qui nous envoie, nous accompagne, nous inspire : c’est Lui l’auteur de la mission… qui fait avancer l’Église » (pape François, Message du 1er juin 2018 aux directeurs nationaux d’OPM)1.

Comme membres de mouvements et associations de fidèles, nous entendons bien cet appel à être revêtus de sainteté personnelle et de créativité nouvelle afin d’entraîner notre monde vers Celui qui recrée toutes choses par sa Pâques. Quand nous repensons à notre propre expérience de foi, nous pouvons identifier les personnes qui nous ont mis en route afin de prendre au sérieux notre vocation de baptisés et d’envoyés. Au cours de ce mois missionnaire extraordinaire d’octobre, de courtes biographies de témoins missionnaires et des commentaires quotidiens de la Parole de Dieu nous sont offerts afin d’éveiller dans nos communautés le devoir missionnaire. Rappelons-nous que c’est en donnant le Christ que se renforce notre identité chrétienne : « la foi chrétienne reste toujours jeune quand on s’ouvre à la mission » (pape François, 20 mai 2018).

Nous portons le « trésor de l’Évangile dans des vases d’argile » (2 Cor. 4 :7), comme dit saint Paul. Les divers scandales dénoncés dans l’Église ces derniers mois créent un obstacle à la confiance, de sorte que nous sommes conviés plus que jamais à reprendre une posture missionnaire audacieuse vers les périphéries2 avec une proposition enthousiaste de la foi : « rendre compte de notre espérance », comme dit Saint Pierre dans sa lettre (1 Pierre 3, 15). En célébrant le 100e anniversaire de la Lettre Apostolique Maximum illud du pape Benoît XV qui a voulu donner un nouvel élan à la responsabilité missionnaire envers toutes les nations (ad gentes), le Saint Père souhaite relancer notre état permanent de mission.

La première annonce du salut nous pousse à travailler avec les autres cette urgence qui passe par la construction d’unité, par la charité et par le dialogue de salut. Nous désirons certainement que la jeune génération avec ses désirs trouve le goût de Dieu, de le chercher, de l’aimer et de le servir et elle puisera à cette eau dans la mesure de notre propre constance à pardonner, à faire communauté et à marcher avec les pauvres. Nous ressentons à plusieurs niveaux le vieillissement de nos troupes et la difficulté à faire des ponts entre les générations, voilà pourquoi nous souhaitons qu’ensemble, de bon cœur, l’on prépare ce mois missionnaire extraordinaire avec, si possible, des jeunes de nos milieux pour vaincre la distance intergénérationnelle et apprécier les richesses missionnaires du don de Dieu à tout âge. Les jeunes générations sont ouvertes à la rencontre des cultures et peuvent nous apprendre cet horizon naturel et nécessaire de l’activité missionnaire de l’Église dans le monde. « Présences chrétiennes significatives et créatives, dans des lieux assez indifférents voire hostiles à la foi, où le témoignage chrétien cohabite quotidiennement avec la tragédie du martyre du sang, les mouvements ecclésiaux, les associations laïques, les instituts missionnaires et les nouvelles formes ecclésiales de vie communautaire sont des expériences ecclésiales auxquelles nous pouvons nous référer pour comprendre la missio ad gentes et redéfinir de façon paradigmatique la nature missionnaire de l’Église envoyée pour le salut et la transformation du monde ».3

Que le Souffle de l’Esprit nous saisisse afin d’imprégner notre témoignage des fruits délicieux de la Bonne Nouvelle!

Comité permanent pour les relations avec les mouvements et les associations
Conférence des évêques catholiques du Canada

Pentecôte 2019

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1 http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2018/june/documents/papa-francesco_20180601_pontificie-opere-missionarie.html

2 « Des milieux humains, culturels et religieux encore étrangers à l’Évangile de Jésus et à la présence sacramentelle de l’Église représentent les périphéries extrêmes. La périphérie la plus désolée de l’humanité est l’indifférence envers la foi et la haine contre la plénitude de la vie. »
http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/messages/missions/documents/papa-francesco_20180520_giornata-missionaria2018.html

3 https://missionfoi.ca/wp-content/uploads/2018/12/Guide_animation_MME2019.pdf

Message aux mouvements et associations catholiques du Canada pour la Pentecôte 2017

Chers membres des mouvements et associations,

Pendant son homélie de la célébration eucharistique de la Pentecôte en 2015, le pape François a déclaré :

Le monde a besoin d’hommes et de femmes qui ne soient pas fermés sur eux-mêmes, mais remplis de l’Esprit saint. […] [L]e monde a besoin du courage, de l’espérance, de la foi et de la persévérance des disciples du Christ. Le monde a besoin des fruits de l’Esprit saint : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (Galates 5, 22). Le don de l’Esprit saint a été accordé en abondance à l’Église et à chacun et chacune de nous, pour que nous puissions vivre avec une foi authentique et une charité active, pour que nous puissions répandre les semences de la réconciliation et de la paix.

Notre Saint-Père nous rappelle que l’Esprit saint est le grand « motivateur » qui non seulement confirme et nous renforce dans notre mission comme disciples de Jésus, mais nous rend capables de vivre cette mission avec courage et enthousiasme. Notre monde, nos communautés, nos voisins, nos collègues de travail, nos familles et nos amis ont tous besoin d’accepter la Bonne Nouvelle que Jésus est ressuscité et demeure avec nous. Une rencontre personnelle avec cette Bonne Nouvelle de vie a le pouvoir d’élever les gens du désespoir à l’espérance, de la tristesse à la joie, de la colère au pardon, et du sentiment de vide à un amour débordant.

Forum 2014Chacun et chacune de vous, par son engagement dans les mouvements et les associations qui œuvrent au sein de notre Église, est invité à être renouvelé dans l’Esprit saint, à vivre un nouveau moment de Pentecôte, de sorte que la grâce qui a poussé les premiers disciples de Jésus à quitter le Cénacle et à annoncer avec audace la Bonne Nouvelle nous poussera aussi à rendre le Christ ressuscité visible dans nos paroles et nos actes.

Alléluia! Alléluia!

Comité permanent pour les relations avec les mouvements et les associations
Conférence des évêques catholiques du Canada

Pentecôte 2017

Message aux associations et mouvements catholiques du Canada pour la Pentecôte 2016

Chers membres des mouvements et associations,

Dans sa bulle d’indiction proclamant le Jubilé de la Miséricorde, le pape François a déclaré :

Logo Jubile Misericorde« La vérité première de l’Église est l’amour du Christ. L’Église se fait servante et médiatrice de cet amour qui va jusqu’au pardon et au don de soi. En conséquence, là où l’Église est présente, la miséricorde du Père doit être manifeste. Dans nos paroisses, les communautés, les associations et les mouvements, en bref, là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde. » (Misericordiae Vultus 12)

Comme c’est le cas pour toutes les grâces de Dieu, le Saint-Père nous offre à la fois un don et une responsabilité.

Le don qui nous est offert est une expérience nouvelle de la Miséricorde de Dieu. La Miséricorde, comme nous le savons tous, est un don très puissant : c’est le pardon, lorsque la justice exigerait le châtiment. C’est pourquoi nous ne pouvons apprécier pleinement le don de la miséricorde que lorsque nous avons d’abord compris les conséquences que pourraient mériter nos péchés, c’est-à-dire la séparation de Dieu, non parce que Dieu nous a abandonnés, mais parce que nous avons tourné le dos à l’amour constant de Dieu. La miséricorde de Dieu, c’est l’amour qui triomphe de la solitude et du vide que nos péchés peuvent causer. Quelle bénédiction pour nous que Dieu choisisse de nous offrir le grand don de la miséricorde, nous libérant du péché et nous rétablissant totalement dans une relation d’amour.

La responsabilité qui nous est confiée est de devenir des ambassadeurs de la miséricorde de Dieu. Dans son grand amour, le Père a choisi de révéler sa miséricorde de la façon la plus magnifique possible. Son Fils Jésus est devenu la miséricorde de Dieu faite chair. Comme Il a choisi un jour de le faire par son Fils, Dieu désire maintenant le faire par chacun de nous. Nous, qui avons d’abord fait l’expérience de la miséricorde de Dieu, sommes maintenant demandés d’être ceux qui rendent cette miséricorde humaine et concrète pour le bien de ceux que nous rencontrons chaque jour. Quelle bénédiction nous pouvons être pour ceux dont nous toucherons la vie par la miséricorde de Dieu.

En ce Jubilé de la Miséricorde, nous sommes invités à nous ouvrir au don de la miséricorde, et nous sommes invités à prendre la responsabilité de promouvoir la miséricorde. Notre appartenance aux divers mouvements et associations donne à chacun de nous des occasions uniques de faire l’expérience de la miséricorde de Dieu et d’en être les ambassadeurs. Alors, soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux (Lc 6, 36).

Comité permanent pour les relations avec les mouvements et les associations
Conférence des évêques catholiques du Canada

Pentecôte 2016

Message de la Pentecôte aux mouvements et associations catholiques 2015

Chers membres des mouvements et associations,

Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle? (Actes 2, 5-8)

Forum 2014

Dans ce merveilleux passage de notre liturgie de célébration du dimanche de la Pentecôte, nous sommes témoins de l’une des grandes œuvres de l’Esprit Saint : le pouvoir de créer l’unité à partir de la diversité. La diversité, quand elle est inspirée par Dieu, est une manifestation des nombreux dons et talents, modes de vie et charismes que Dieu choisit d’utiliser pour réaliser ses projets et ses promesses. L’unité, quand elle est inspirée par Dieu, est une manifestation de la manière dont les nombreux dons et talents, modes de vie et charismes peuvent coopérer en vue d’un objectif et d’une mission uniques. Dans l’Église du Canada, cette œuvre de l’Esprit Saint se poursuit pendant que nos nombreux mouvements et associations, dans leur diversité, travaillent ensemble par la grâce de l’Esprit Saint pour réaliser le Règne de Dieu.

Pendant le Forum de la CECC pour les mouvements et associations catholiques 2014, tenu à Sainte-Anne-de-Beaupré, au Québec, beaucoup d’entre nous ont dit combien il était bon de nous réunir et de découvrir notre diversité, d’être témoins de la variété de manières de vivre une vie de service pour renforcer notre Église et nos communautés. Mais surtout, nous avons parlé de découvrir des moyens plus efficaces de travailler ensemble, de découvrir la complémentarité de nos mouvements et de nos associations. Notre célébration de la Pentecôte nous rappelle que cette œuvre est tout d’abord celle de l’Esprit Saint, et que notre rôle est d’écouter attentivement et de suivre fidèlement.

Nous devrions peut-être nous inspirer de l’exemple de la vie consacrée au Canada. Notre histoire est riche en exemples de femmes et d’hommes qui out choisi de suivre le Christ en observant les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance et qui ont contribué ainsi à répondre aux nombreux besoins éducationnels, sociaux et spirituels de notre pays. Pas deux communautés religieuses, pas deux personnes consacrées n’y contribuent de la même façon, et de ce fait, par la grâce de l’Esprit Saint, elles répondent à des besoins divers. Nous remercions Dieu pour ces femmes et ces hommes qui vivent une vie consacrée et pour leur exemple.

Puissent les nombreux dons de l’Esprit Saint continuer de stimuler les charismes de tous les mouvements et associations, et puisse l’Esprit Saint inspirer l’unité dans notre diversité.

Comité permanent pour les relations avec les mouvements et les associations
Conférence des évêques catholiques du Canada

Pentecôte 2015

Message aux associations et mouvements nationaux catholiques canadiens pour la Pentecôte 2014

Chers membres des mouvements et associations,

Les mouvements et associations de l’Église sont un signe et un instrument de l’Esprit Saint à notre époque. Chaque membre des mouvements et des associations apporte la présence dynamique du Saint-Esprit dans une rencontre très concrète avec le monde. Certains membres sont silencieux et cachés, comme le levain dans la pâte, et d’autres s’engagent dans le monde par un apostolat audacieux d’action aimante.

Par ses paroles et son témoignage, notre Saint Père le pape François nous rappelle que l’Évangile de la joie est un appel aux périphéries, aux lieux et aux situations des pauvres et des marginalisés : « J’imagine un choix missionnaire capable de transformer toute chose » (Evangelii Gaudium, 27).

Le fait que vous êtes en communion avec l’Église et les uns avec les autres comme frères et sœurs du Seigneur est un signe de la grâce donnée par le Saint-Esprit, qui nous guide tous vers l’unité. Un autre don pour l’Église est le leadership que vous exercez dans une évangélisation efficace, aux marges des cœurs humains ainsi qu’aux périphéries de la société canadienne.

Votre mouvement, votre association, est magnifique à voir. Il est comme une prairie en fleurs dans la forêt boréale ou la jungle urbaine, qui touche bien des cœurs et des esprits par la beauté, la vérité et la bonté de notre Sauveur Jésus-Christ.

Les trois dernières strophes du Veni Sancte Spiritus, la séquence du lectionnaire catholique pour le dimanche de la Pentecôte, lance à chacun de nous aujourd’hui un défi sous forme poétique et nous réconforte par la consolation du Saint-Esprit :

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

A tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient,
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu,
donne le salut final,
donne la joie éternelle.

Que les nombreux dons du Saint-Esprit continuent de vivifier le charisme de chaque mouvement et association, afin que la joie de l’Évangile soit connue et aimée de tous.

Pentecôte 2014

Comité permanent pour les relations avec les mouvements et associations
Conférence des évêques catholiques du Canada

Message pour la Pentecôte 2013 aux associations et mouvements nationaux catholiques canadiens

Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie … Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint (Actes 2, 2.4). 

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Dans son discours aux mouvements ecclésiaux et aux communautés nouvelles, à la Pentecôte 1998, le bienheureux pape Jean-Paul a exprimé sa conviction que ces groupes sont le fruit d’une nouvelle Pentecôte :

Vous qui êtes ici, vous êtes la preuve tangible de l’effusion de l’Esprit. Chaque mouvement est différent des autres, sans doute, mais tous sont unis dans la même communion et autour de la même mission. Des charismes donnés par l’Esprit éclatent comme un vent impétueux qui vient saisir les gens et les entraîner sur de nouvelles voies d’engagement missionnaire au service radical de l’Évangile, pour proclamer sans relâche les vérités de la foi et accueillir comme une grâce le courant vivant de la tradition qui instille en chacun le désir ardent de la sainteté.

Ces mots expriment parfaitement notre vive appréciation pour la façon dont vous participez sans relâche à la mission de l’Église, pour la part authentique que vous prenez à la vie du Christ.

En cette Année de la foi, nous avons reçu l’effusion du don de l’Esprit dans l’élection du premier successeur de Pierre originaire des Amériques. Au lendemain de son élection, dans sa première homélie au collège des cardinaux, le pape François a parlé des trois gestes essentiels à la vie du disciple : marcher, construire et témoigner. Quelle que soit notre vocation, dit-il, quelle que soit notre situation sociale, si nous ne sommes pas avant tout des disciples de Jésus Christ, qui vivent le mystère de sa croix, nous passons à côté de l’essentiel. C’est cela, et rien d’autre, qui est la voie de la sainteté, le don et le mandat que nous avons reçus au baptême.

Dans la vie de l’Église, les mouvements et les associations des fidèles ne cessent de répondre aux différents besoins de l’Église et du monde. C’est dans l’espérance que nous demandons au Seigneur, en ce dimanche de Pentecôte, d’accorder aux membres de vos associations et mouvements la grâce de marcher dans la foi, de construire dans l’espérance et de témoigner dans l’amour.

Pentecôte 2013

Comité permanent pour les relations avec les mouvements et les associations
Conférence des évêques catholiques du Canada