Sous le thème « La journée mondiale de la jeunesse » 2002 – L`Église catholique avant, pendant et après cet événement : Rapport du Forum 2001 avec les associations nationales
samedi le 05 mai 2001INTRODUCTION
Pour une sixième année consécutive, la Commission épiscopale pour les relations avec les associations du clergé, de la vie consacrée et du laïcat a réuni les associations nationales en forum.
Les principaux objectifs du forum sont : 1) examiner un thème que la Commission juge prioritaire et en tirer des recommandations; et 2) donner aux associations une occasion de partager avec la Commission et entre elles sur leurs préoccupations et leurs activités. La Commission a constaté que le forum constitue un moyen efficace de remplir son mandat qui est d’assurer le dialogue entre la CECC et les associations nationales.
Le forum s’est tenu dans les locaux de la CECC les 4 et 5 mai 2001 et a porté sur « La journée mondiale de la jeunesse » 2002 – L’Église catholique, avant, pendant et après cet événement.
Dix-huit associations étaient présentes au forum (cinq bilingues, six francophones et sept anglophones). Elles étaient : l’Association canadienne des Chevaliers de Colomb, l’Association canadienne des commissaires d’écoles catholiques, l’Association catholique canadienne de la santé, Association of Ministries Programs, Association des Scouts du Canada, Association des universités et collèges catholiques du Canada, The Catholic Women’s League of Canada, Conférence canadienne des instituts séculiers, Conférence religieuse canadienne, Foi et lumière, Mouvement des femmes chrétiennes, The National Federation of Presbyteral Councils, Pastorale universitaire catholique du Canada/Association canadienne d’étudiants et d’étudiantes catholiques, Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix, Organisme catholique pour la vie et la famille, La Société Saint-Vincent de Paul, Ukrainian Catholic Council et La Vie montante.
SÉANCE INFORMATIVE ET ÉCHANGES
En prévision de la rencontre, chaque association avait préparé une description d’une page – qui fut envoyée à tous les participantes et les participants – portant sur leur mandat, la mission, les objectifs, les priorités actuelles et leurs principaux projets. Ces autoportraits sont réunis dans un document intitulé : Qui sommes-nous?, disponible au secrétariat de la CECC.
Lors de la séance d’ouverture, les participants et participantes se sont présentés dans l’optique du thème. Après s’être nommé et avoir précisé son lieu d’appartenance, chacun a été invité à parler un petit peu de soi en répondant à une des questions suivantes :
1)Quand j’ai entendu dire que le « Journée mondiale de la jeunesse » aurait lieu au Canada, j’ai pensé…
2)Dans mon jeune âge, l’âge d’or de la jeunesse, j’étais attiré par l’Église parce que…
3)S’il m’était donné d’être jeune aujourd’hui, j’aimerais que l’Église soit…
4)Mon plus cher désir pour les jeunes de notre Église est…
Parmi les réflexions exprimées au cours d’échanges pleins d’entrain, citons :
- La « Journée mondiale de la jeunesse » est une occasion merveilleuse de redonner vie à l’Église entière, grâce à une expérience profonde de partage de foi avec des personnes venant de tous les coins du pays et du monde entier. Voilà une chance unique d’approfondir notre relation avec le Christ présent au cœur de la famille, de l’école et de la paroisse.
- Il s’agit d’un pèlerinage déjà commencé, où le cheminement est aussi important que l’événement.
- L’expérience des « Journée mondiale de la jeunesse » dans d’autres pays démontre qu’elles peuvent transformer non seulement les cœurs mais aussi les vies; la foi s’en trouve affermie, la vitalité et la visibilité de l’Église y gagnent énormément.
- C’est l’Église entière qui est mise à contribution face à l’immensité de la tâche tant aux niveaux organisationnel que pastoral.
- C’est une occasion unique pour les jeunes de créer des liens contribuant à renforcer la communauté catholique et à transformer la société.
- La « Journée mondiale de la jeunesse » offre la possibilité de créer un vaste réseau de communication entre les jeunes et une approche nationale en pastorale jeunesse.
- Bien que la « Journée mondiale de la jeunesse » ne touchera pas la plupart des écoles, puisque les étudiants y ont moins de 16 ans ; l’événement pourra impliquer plusieurs enseignants, puisqu’une majorité d’entre euxa moins de 35 ans.
- L’occasion est belle d’engager « l’Église dans sa totalité », de nous dynamiser et de nous transformer, de raviver notre espérance à tous.
- Le témoignage du service des autres a eu une grande force d’attraction par le passé; il joue tout autant aujourd’hui dans la motivation des jeunes qui s’engagent en Église.
- L’attrait des jeunes pour l’ Église passe par une invitation très personnelle faite de paroles et de gestes et par l’offre d’un amour, d’un pardon et d’une espérance inconditionnels. Un tel accueil révèle la présence de Dieu.
- Au cours des journées mondiales, il se fait une prise de conscience profonde d’une des dimensions de l’Église qui nous rassemble telle une famille, qui éveille le désir de s’engager et de participer.
- Non seulement les jeunes sont-ils l’avenir de l’Église, ils en sont le présent; ils sont l’Égliseet celle-ci a grand besoin de leur enthousiasme et de leur générosité. Les jeunes peuvent devenir missionnaires dans notre Église canadienne en besoin de renouveau.
- La « Journée mondiale de la jeunesse » est une excellente occasion d’écouter les jeunes et, pour ceux-ci, de se rassembler avec d’autres jeunes croyants comme eux provenant de milieux sociaux et économiques divers; occasion aussi d’être stimulés et touchés par d’autres jeunes qui vivent un engagement personnel de foi et de justice.
- Les membres du clergé se doivent de montrer à la jeunesse combien ils sont restés jeune malgré leur âge.
- La « Journée mondiale de la jeunesse » est d’une importance capitale pour les familles, puisqu’elle leur offre la possibilité d’écouter lajeunesse ainsi qu’une occasion de rapprochement entre les parents et les jeunes.
- La « Journée mondiale de la jeunesse » doit être plus qu’un événement ; le suivi sera extrêmement important.
- Le renouvellement des associations pourrait passer par la « Journée mondiale de la jeunesse » si elles s’y engagent en rallumant « le feu » chez les anciens membres tout en attirant de nouveaux membres.
- L’événement de la « Journée mondiale de la jeunesse » peut réveiller l’Église canadienne et lui faire redécouvrir ce que signifie « être jeune ». Voilà une occasion unique de rencontrer des jeunes, de les écouter, de mieux comprendre leurs valeurs et leurs priorités. C’est une chance d’embrasser le monde entier et de vivre la Pentecôte en juillet. La « Journée mondiale de la jeunesse » peut devenir une ‘célébration prophétique’, grâce à laquelle nous contribuerons par nos paroles et nos gestes, à façonner l’avenir de notre Église et de la société.
- La « Journée mondiale de la jeunesse » est véritablement un temps de grâce; depuis le commencement, elle a été l’œuvre de Dieu beaucoup plus que « notre projet ».
PANEL I – SÉANCE INFORMATIVE ASSURÉE PAR LES MEMBRES DE L’ÉQUIPE DE LA « JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE »
Cette séance informative et dynamique, animée par quatre membres de l’équipe de la « Journée mondiale de la jeunesse », fut un vrai plaisir pour les participants et participantes. Y ont pris part: Père Tom Rosica, directeur national, Sœur Francine Guillemette, f.m.a., directrice adjointe, Dr Katherine Rouleau, directrice de l’accueil en diocèse et M. Paul Kilbertus, directeur des communications.
Voici en résumé quelques-uns des propos exprimés au cours des présentations et des échanges. Des renseignements au sujet de la « Journée mondiale de la jeunesse » sont disponibles sur le site Internet suivant : www.wyd2002.org.
- La séance débute par un vidéo touchant où Jean-Paul II, le dimanche des Rameaux à Rome, présente la croix à 47 jeunes Canadiens et Canadiennes qui iront la porter ici et là au Canada – dans des centres commerciaux, des prisons, des endroits fréquentés par les jeunes – au cours de l’année qui précède la « Journée mondiale de la jeunesse » tel le flambeau olympique, porté un peu partout dans le pays hôte l’année d’une Olympiade.
- Le thème sera : « Vous êtes le sel de la terre…vous êtes la lumière du monde. »
- La « Journée mondiale de la jeunesse », c’est une grâce, un privilège, une bénédiction; la porte ouverte sur la paix et l’unité. Nous ne devons pas manquer ce moment qui ne reviendra plus; laissons la grâce nous envahir.
- La « Journée mondiale de la jeunesse » a connu des débuts bien modestes lorsqu’en 1976 le pape Paul VI décida que le dimanche des Rameaux aurait un caractère particulier « jeunesse ». Elle prend de l’ampleur au début des années 80 par une manifestation d’un jour à Rome, à l’intention des mouvements d’Église laïques ; puis s’étend à toute la jeunesse et ensuite à d’autres pays comme l’Argentine, les États-Unis et la France.
- Dans d’autres pays, les Églises locales ont repris vie grâce aux « Journée mondiale de la jeunesse ». En Argentine, on a inauguré un projet national en pastorale jeunesse et en France, ce même ministère a pris beaucoup d’ampleur un peu partout dans les diocèses.
- Denver a créé une ouverture; Paris a commencé une révolution – la liberté d’être en marche et de prier –; et Rome a créé un moment de conversion. Nous souhaitons que le Canada découvre son propre vent de jeunesse; que nous prenions conscience que l’Église est jeune ; que le fait de nous rassembler dans notre diversité nous fasse constater qu’ensemble nous sommes l’Église.
- Le succès de la « Journée mondiale de la jeunesse » dépend avant tout de l’engagement de l’Église entière qui décide de donner un souffle nouveau à l’Église locale. La façon d’entrer en scène pour les associations consiste à prendre contact avec les comités organisateurs des journées d’accueil dans les diocèses ; à raviver et embellir ce qui existe déjà chez elles.
- Lors du Forum des jeunes, organisé par le comité de la « Journée mondiale de la jeunesse » en février dernier à Toronto, chaque diocèse s’est fait représenter par des jeunes pleins d’énergie et de passion pour la JMJ, et remplis d’amour pour la jeunesse. Cette rencontre a donné un avant-goût de ce qui pourrait advenir à la suite de la « Journée mondiale de la jeunesse ».
- Parmi les moments les plus mémorables vécus par les participantes et participants des JMJ en France et en Italie, citons les journées d’accueil dans les diocèses chez les familles hôtes qui ont précédé les rencontres avec le Pape à Paris et à Rome. Au Canada, ces séjours dans les familles et l’expérience de vie dans une Église locale se feront du 18 au 21 juillet 2002; on se déplacera ensuite pour être à Toronto du 22 au 28 juillet. Les divers comités de la « Journée mondiale de la jeunesse » assureront la liaison entre les diocèses et les participantes et participants en provenance d’autres pays.
- Grâce aux journées d’accueil dans les diocèses, des collectivités entières auront la chance de participer puisque tous les jeunes sont invités à s’impliquer, non seulement ceux qui vont à l’Église. Le Christ se révèle présent en chacun de nous.
- Les journées dans les diocèses forment un tout avec la « Journée mondiale de la jeunesse » et en assureront l’ancrage à l’instar des racines qui maintiennent l’arbre debout. Elles permettront aux jeunes de faire connaissance entre eux et de connaître l’Église locale. On doit donc s’assurer que les jeunes s’impliquent dans la mise en place de ces journées locales pour qu’elles aient un lendemain. Bien sûr, l’accueil de chaque diocèse aura son propre cachet, mais on peut déjà prévoir qu’il y aura une rencontre avec l’évêque, une rencontre avec la communauté, une célébration eucharistique.
- Les forêts, les lacs, les montagnes constituent nos richesses au Canada; on pourrait les décrire comme de nouvelles cathédrales. La « Journée mondiale de la jeunesse » nous donne l’occasion de montrer et de partager nos richesses.
- La programmation de la manifestation centrale à Toronto prévoit, entre autres, un Chemin de Croix dans une rue importante de Toronto; des catéchèses; le sacrement du pardon en plein air le long du lac Ontario; une vigile avec le Pape précédant la messe du dernier jour; des spectacles de musique et de théâtre; un festival de la jeunesse; des séminaires sur la justice sociale et l’œcuménisme.
- Les associations sont invitées à utiliser le logo de la « Journée mondiale de la jeunesse » selon les dispositions précisées au site Internet.
- L’Office national de liturgie de la CECC a préparé, en collaboration avec le bureau de la « Journée mondiale de la jeunesse », un livret de prières pour la « Journée mondiale de la jeunesse ».
- On souhaite que, dès septembre, les jeunes entrent dans un processus de réflexion et d'action quant au sens à donner à l’expression « être catholique ». Un cahier sera mis à leur disposition pour les guider dans cette démarche. Il contiendra des chapitres sur la connaissance du Christ, la célébration de la foi, les saints comme modèles de foi, la justice sociale, l’écologie.
- Les associations devraient se faire les ambassadrices de la « Journée mondiale de la jeunesse » et répandre la nouvelle de cet événement dans leurs réseaux; inviter à la prière; sensibiliser aux dimensions spirituelles de l’événement; s’impliquer au niveau du financement et s’engager comme bénévoles.
DISCUSSIONS EN PETITS GROUPES
Les participantes et les participants se sont regroupés pour traiter de certaines questions faisant suite aux présentations de l’équipe de la « Journée mondiale de la jeunesse ». Parmi les commentaires exprimés, citons les suivants :
1.Qu’est-ce qui vous a le plus rejoints dans la présentation du travailde l’équipe des JMJ?
- Les participantes et les participants sont pleins d’admiration devant l’élan, l’énergie, la vision, la joie, l’esprit d’équipe, l’ouverture et la conviction des présentateurs. Ils ont su persuader les participants que le ‘boulot’ sera accompli.
- Le vidéo remporte la palme, il est fantastique.
- Plusieurs personnes se disent étonnées devant l’immensité et la complexité du projet et sont remplies d’admiration devant la tâche accomplie à ce jour : c’est comme monter dans un train déjà en marche, qui n’est même plus en gare.
- Ils ont bien aimé la perspective historique, qui les a situés au sein de l’Église universelle. L’image d’un pèlerinage a captivé leur imagination.
- La portée des jours d’accueil dans les diocèses les a impressionnés ainsi que l’accent mis sur la justice sociale et l’œcuménisme.
- D’autres ont été frappés de l’importance accordée au suivi de la JMJ, par l’équipe; il ne s’agit pas seulement d’une manifestation singulière mais aussi d’un événement porteur de retombées à long terme pour la vie de l’Église au Canada.
2.Face à cette « Journée mondiale de la jeunesse », quelles sont vos attentes et quelles retombées souhaitez-vous pour l’Église du Canada? Pour votre association?
- Le plus grand souhait exprimé par la majorité des participants d’un atelier, c’est que la « Journée mondiale de la jeunesse » puisse amener l’Église institutionnelle et les associations à modifier et à rajeunir leurs « structures désuètes ». Il est bien entendu que la volonté d’incorporer les jeunes implique la modification des structures.
- On a exprimé l’espoir que nombre d’associations voient la « Journée mondiale de la jeunesse » comme une occasion en or d’être au ‘centre’ de la pastorale jeunesse, tâche qui semble toujours tellement problématique et difficile à réaliser. L’occasion est toute donnée aussi d’impliquer les jeunes dans la vie de l’Église et de leur permettre de se sentir chez eux dans une communauté de foi.
- Certains y voient une excellente source de vocations non seulement à la prêtrise et à la vie consacrée mais aussi une occasion de promouvoir des mariages solides, d’où naissent de toute façon les vocations.
- Il était aussi question d’un espoir de combler le fossé entre les jeunes et « ceux qui le sont depuis longtemps »; de voir la foi des jeunes modifier les stéréotypes de certains adultes; de donner un élan de vie à la famille. Les parents au sein du groupe se disent heureux de l’arrivée de la « Journée mondiale de la jeunesse ».
- Autre espoir exprimé : que l’image de l’Église, propagée par les médias comme étant – vieillie, endormie, non pertinente et dépassée – soit renversée.
- Les JMJ sont une vraie chance pour les pasteurs ‘d’être avec’ les jeunes.
- On en revient toujours au souhait que la foi croisse du fait que tant de jeunes épanouis témoignent de leur foi.
- On espère enfin qu’émerge, à partir des contacts, de l’enthousiasme et des résultats engendrés par la « Journée mondiale de la jeunesse », un projet de pastorale jeunesse au niveau national.
3.De quelles façons votre association prévoit-elle s’impliquer dans cet événement?
- Beaucoup de participantes et de participants disent vouloir prendre part aux efforts de promotion et de diffusion de la « Journée mondiale de la jeunesse » et des richesses spirituelles sous-jacentes.
- Puisqu’il s’agit avant tout du « projet de Dieu », le rôle crucial de la prière a été souligné pour en assurer la réussite.
- Il a été question d’offres d’argent, de temps, d’habiletés en matière de formation catéchistique.
- Il serait intéressant qu’un des kiosques porte sur l’éthique médicale.
- On proposera des activités à l’intention des familles.
- Il est question aussi d’aider des familles à envoyer leurs jeunes à Toronto; d’offrir des services de garde d’enfants à de jeunes couples pour leur permettre de se rendre à Toronto.
- Les résidences sur les campus universitaires peuvent servir à loger des pèlerins; on peut aussi embaucher des étudiants qui viendront donner un coup de main durant l’été.
- Les conseils scolaires peuvent faire en sorte qu’étudiants et professeurs participent aux différents événements.
PANEL II – LES LENDEMAINS DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE – Comment les jeunes se perçoivent-ils au sein de la vie de l’Église?
Mlle Leah Daley et Mme Rosalie Gagné, deux jeunes qui ont l’expérience de Journées mondiales antérieures, donnent chacune un exposé sur cette question. Voici quelques-uns des propos exprimés lors des présentations et des échanges:
- Il n’est pas facile d’être jeune aujourd’hui; les obligations et les soucis abondent. Quoique les jeunes semblent ne faire aucun cas de l’Église et de la religion, la soif de spiritualité est très grande.
- Certains jeunes n’ont jamais entendu parler de Dieu antérieurement et les adultes ne leur ont pas toujours fait sentir combien ils étaient importants et qu’ils avaient leur place auprès d’eux.
- Comme le disait Jean-Paul II à Rome : « N’ayez pas peur de devenir les saints du nouveau millénaire. » Les jeunes veulent relever les défis et seront présents dans la mesure où les adultes leur feront une place et leur montreront qu’ils ont confiance en eux.
- Au lieu de demander ce que l’Église « peut apporter » aux jeunes, on devrait demander ce que les jeunes « peuvent faire » pour l’Église.
- Cessons de nous demander pourquoi les jeunes ne vont pas à la messe. Présentons-nous aux endroits qu’ils fréquentent – théâtres étudiants, discos, parcs, cafés, concerts – reconnaissons et appuyons ce qu’ils font. Proposons à un groupe de jeunes déjà formés d’inviter des amis.
- Selon une des présentatrices, c’est comme si elle avait attendu la « Journée mondiale de la jeunesse » depuis toujours. À Denver, elle a trouvé ce qui lui manquait dans sa propre paroisse – le sentiment d’être chez elle, bien en vie, capable de s’exprimer et de dire sa foi catholique dans un milieu bienveillant. La « Journée mondiale de la jeunesse » à Denver a signifié que sa confirmation n’était pas la fin du parcours pour elle, mais bien le début d’un cheminement significatif.
- Les jeunes qui participent à la « Journée mondiale de la jeunesse » sont passionnés de Jésus Christ et sont prêts à le crier sur les toits ainsi qu’à le prier avec ferveur.
- La « Journée mondiale de la jeunesse » dynamise et unifie la pastorale auprès des jeunes et éveille le désir d’en faire autant chez soi.
- Les jeunes ont beaucoup à offrir : l’imagination, la créativité, l’enthousiasme, l’énergie, le sens de l’aventure, la curiosité, le questionnement, la soif de connaître, les idées nouvelles. Ils ont besoin d’une place; ils ont besoin d’être invités au dialogue;vous devez « parler avec » les jeunes et non « parler aux » jeunes.
- Les jeunes attendent beaucoup des adultes : la formation qui leur est nécessaire pour devenir l’Église de demain ; ainsi que la sagesse et les dons pour les y amener. Souhaitons que la « Journée mondiale de la jeunesse » nous conduise là; c’est le moment ou jamais.
- Les jeunes adhéreront à l’Église si nous formons une communauté solide et si nous leur faisons clairement savoir combien nous voulons qu’ils restent.
PANEL III –LES LENDEMAINS DE LA « JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE » – Comment entrevoyez-vous la pastorale auprès des jeunes après la « Journée mondiale de la jeunesse »? Qu’est-ce qui devra changer?
Deux participants ayant l’expérience de la pastorale auprès des jeunes, Sœur Francine Guillemette de l’équipe de la « Journée mondiale de la jeunesse » et M. Rick Benson de la Pastorale universitaire catholique du Canada, donnent un exposé sur cette question.Voici quelques-uns des propos exprimés lors des présentations et des échanges:
- C’est la question la plus cruciale puisque la « Journée mondiale de la jeunesse » ravivera le dynamisme des jeunes; il y a là une énergie dont nous devrons tirer parti. Il ne s’agit pas seulement d’une manifestation extraordinaire mais bien d’un événement qui plonge en Dieu complètement et transforme ceux qui y prennent part. Les ressources humaines et les autres ressources devraient déjà être mis en place.
- La « Journée mondiale de la jeunesse » est en quelque sorte un cours intensif fascinant et un banc d’essai de ce que pourrait avoir l’air la pastorale jeunesse. Grâce à elle, nous expérimentons déjà l’Église de manière bien différente. Les sourires éclatent, les options fusent, le pas s’accélère; les jeunes dominent l’agenda de l’Église à tous les niveaux.
- La « Journée mondiale de la jeunesse » met en branle tant les ressources de la société – médias, pouvoirs publics, entreprises – que les ressources de l’Église – humaines, matérielles et spirituelles. Il s’agit d’une vision multidimentionnelle de la pastorale jeunesse. Un proverbe africain dit : « il faut un village entier pour élever un enfant »; nous disons : « il faut une Église entière pour évangéliser les jeunes ».
- Nous ne pouvons agir seuls. Les communautés des campus universitaires peuvent accueillir un certain nombre de jeunes, mais la plupart de ceux-ci continueront à vivre dans leurs familles, leurs paroisses et leurs diocèses. Ce ne sont pas tous les jeunes adultes qui fréquentent des institutions post-secondaires et plusieurs établissements n’ont pas de pastorale jeunesse sur leur campus. Qui répondra aux besoins des jeunes en matière de foi après la « Journée mondiale de la jeunesse »? Quel accueil recevront-ils dans les associations? Les réseaux et les liens qui se développent actuellement, ne doivent pas disparaître une fois la « Journée mondiale de la jeunesse » terminée. Nous devrons poursuivre le travail de communication et de réseautage entrepris ainsi que notre devoir collectif d’enseigner, de prier, de soutenir, de vivre en toute justice et de suivre l’Évangile.
- Les jeunes peuvent se faire missionnaires auprès de leurs pairs. Ils auront besoin d’outils, de moyens concrets, de projets et de contacts pour maintenir le dynamisme engendré par la « Journée mondiale de la jeunesse ».
- Les associations et les paroisses en place doivent réexaminer le type d’accueil qu’elles font aux jeunes adultes. Ils seront nombreux à revenir à l’Église après la Journée mondiale. Comment seront-ils reçus? Va-t-on favoriser leur leadership? Leur enthousiasme sera-t-il accueilli de façon positive et canalisé vers l’action? Ou bien leur laisserons-nous sentir qu’on ne procède pas de cette manière et que c’est à eux de s’adapter aux structures en place? On devra stimuler l’ouverture aux changements et l’accueil de leur joie et de leur vivacité.
- Il faudra favoriser le leadership des jeunes au sein de l’Église d’aujourd’hui, ne pas les isoler, les faire accéder au ‘centre’ de l’Église. Ne pas « penser à leur place » mais planifier, mettre en œuvre et évaluer avec eux. Remplacer les efforts en parallèle par une vision à long terme; au lieu de gérer les crises, devenir proactif dans le développement de la pastorale jeunesse; habiliter les jeunes à devenir des disciples passionnés du Christ; penser « avec eux », non « pour eux ». Les jeunes adultes ont besoin d’un milieu qui ne les juge pas, qui leur offre du soutien et qui les interpelle à l’occasion, dans leur cheminement de foi.
- La « Journée mondiale de la jeunesse » est déjà en train de changer notre perception des jeunes. Au-delà des sondages d’opinion publique, nous découvrons maintenant leur énergie, leurs possibilités, leurs talents et leur soif de Dieu. C’est comme si on entrait dans le regard de Dieu sur eux. Un nouveau réflexe s’installe : au lieu d’attendre que les jeunes viennent à nous, nous sollicitons leur contribution.
- La Journée mondiale de la jeunesse fait appel à la collaboration et au dialogue et stimule une vision commune quant aux diverses façons de « faire Église » (écoles, mouvements, paroisses, comités, pastorales de toutes sortes – sociale, liturgique, familiale, médias). Pourquoi le ‘village entier’ ne pourrait-il pas s’unir après la « Journée mondiale de la jeunesse »? Par exemple, la pastorale universitaire pourrait se mettre en rapport avec les paroisses et les mouvements.
- On pourrait établir un nouvel organisme national de pastorale jeunesse qui maintiendrait le dialogue entre les très belles formes d’expression de cette pastorale à l’aide certes de moyens et de différentes avenues spirituelles, mais avec une vision commune. Soyons l’étincelle qui produira le feu de notre pastorale jeunesse en pratiquant et en expérimentantune nouvelle façon de « faire Église ».
- L’organisation de la « Journée mondiale de la jeunesse » doit aller de pair avec beaucoup de prières, d’écoute, de planification et d’action. Il faut apprendre à discerner où trouver Dieu qui nous parle par l’entremise des jeunes et qui nous indique comment exercer notre ministère après la Journée mondiale. L’Esprit Saint nous offre une occasion unique de revivifier la pastorale auprès des jeunes.
DISCUSSIONS EN PETITS GROUPES
Les participants et participantes se sont regroupés pour traiter de certaines questions faisant suite aux présentations. Voici certaines remarques exprimées au cours des discussions :
1.Qu’est-ce qui vous a le plus rejoints dans la présentation des membres de ce panel?
- Tous se disent impressionnés par le degré d’expérience personnelle et de conviction reflétées dans les propos des panélistes. Beaucoup de commentaires sont apportés sur l’authenticité et la sincérité des propos.
- Ce qui a frappé certains, c’est l’appel pressant des jeunes aux générations antérieures – un appel à une écoute plus attentive de leurs aspirations et de leurs suggestions; un appel à devenir plus créatives et plus ouvertes à procéder différemment en l’Église. Il existe un désir profond qu’il advienne ‘quelque chose’.
- On prend aussi sérieusement conscience qu’il est plus important d’œuvrer « avec » les jeunes que « pour » eux.
- Il est important d’apprendre à accueillir les divers charismes en Église.
- Les jeunes panélistes ont confirmé les convictions de certains participantsquant à la ‘capacité de don’ des jeunes, leur solidité personnelle et la trempe de leur foi, et l’importance de l’ouverture et du dialogue.
2.D’après vous, quels sont les défis que doivent relever les jeunes d’aujourd’hui dans l’Église?
- Les défis sont véritablement ceux de l’Église elle-même; il s’agit d’un appel à plus d’ouverture et de soutien à l’égard des dons des jeunes; un appel à consentir à se laisser évangéliser et transformer par les jeunes.
- Nombre de participants et de participantes indiquent que la liturgie est, aux yeux des jeunes d’aujourd’hui, une pierre d’achoppement majeure : « sans vie », « plate », « sans intérêt », « non pertinente ».
- Les jeunes d’aujourd’hui sont la plupart du temps bien instruits, bien informés et curieux à bien des égards. Les énoncés officiels de l’Église en réponse à leurs questions ne les satisfont pas, ni ne semblent les atteindre. Les jeunes veulent participer aux débats éthiques, où ils pourront développer leur jugement et se remettre en question. Il importe que les adultes plus âgés soient prêts à écouter et à accepter que les temps changent.
- Les messages qui parviennent aux jeunes, aussi bien ceux en provenance du monde qu’en provenance de l’Église, sont souvent contradictoires.
- Le modèle d’intégration des jeunes dans les structures paroissiales reste encore déficient.
- L’accueil est un point crucial, de même que l’importance d'éprouver un sentiment d’appartenance, de se savoir aimé et accepté tel que l’on est. Tout comme il importe d’inviter les jeunes à revenir à l’Église, il importe tout autant de s’interroger sur leur désaffectation. On devrait redoubler d’efforts pour appliquer les principes d’inculturation à la culture des jeunes.
- Un des défis majeurs consiste à savoir repérer où sont les jeunes pour ensuite s’y rendre et les former afin que ceux-ci deviennent des évangélisateurs de jeunes.
- Un autre défi est de s’assurer que les jeunes ‘embarquent ‘ vraiment dans la vie de l’Église et qu’ils y soient impliqués de manière significative. Un jeune participant rappelle au groupe la distinction à faire entre « l’âge » et « l’esprit » jeunes, ainsi notre Pape vieillissant est très jeune d’esprit. Les jeunes veulent être avec les gens de tous âges, mais ils souhaitentpouvoir participer pleinement. L’âge importe peu, sauf qu’il est important d’avoir l’esprit jeune.
3.Comment la Journée mondiale de la jeunesse peut-elle revitaliser votre association? Comment comptez-vous intégrer des jeunes dans votre association? Quels peuvent être les impacts sur la vie en paroisse?
- Parmi les suggestions, citons celle d’encourager les plus âgés parmi les jeunes adultes à participer à la « Journée mondiale de la jeunesse », puisque ce sont eux qui assumeront éventuellement le leadership en paroisse.
- La Catholic Women’s League aimerait fournir des locaux pour la formation des jeunes, car là où se tiennent des jeunes, d’autres jeunes voudront les fréquenter : ce qui contribuera à rajeunir la League. Nous allons « ouvrir les portes » et faire savoir aux femmes que le rôle de l’organisme a changé. Les petites communautés de partage de la foi ont leur place.
- Développement et Paix cherche à s’ouvrir aux jeunes, et ce au-delà des activités, pour permettre aux jeunes d’insuffler leur culture et leur façon de penser et d'agir, au sein de l’organisme. Les plus âgés auront à lâcher prise.
- L’Association of Ministries Programs se pose la question suivante : De quelle sorte de leadership aura besoin ‘l’Église de l’après’ « Journée mondiale de la jeunesse »?
SUGGESTIONS DE THÈMES POUR L’AN PROCHAIN
Deux suggestions proviennent du groupe: 1) la collaboration entre les ministres ordonnées et les laïques dans l’exercice de leurs ministères et 2) la lettre du Pape Novo Millenio Ineunte à l’Occasion de la clôture du Jubilé. La Commission prendra une décision à ce sujet, durant l’Assemblée plénière de la CECC en septembre 2001.
CONCLUSION
Ce forum fut très dynamique; merci aux panélistes et aux participantes et participants de la vivacité de leur enthousiasme et de leur implication. Le forum a été une excellente occasion pour les délégués des associations de prendre conscience de l’ampleur de l’événement « Journée mondiale de la jeunesse » et de constater l’énorme somme de travail déjà accompli.
Les délégués pourront transmettre aux membres de leurs associations des renseignements pertinents et l’esprit qui se dégage déjà de cet événement. Ils créeront ainsi un courantde communion autour de la « Journée mondiale de la jeunesse » et constitueront un réseau national de personnes désireuses de faire de cet événement une expérience significative et porteuse de joie pour toute l’Église. Espérons que les nombreuses idées issues des discussions de ce forum seront utiles à celles et ceux qui planifient les journées d’accueil en diocèses et/ou les événements nationaux.
En ce temps qui nous entraîne vers la « Journée mondiale de la jeunesse »,osons devenir le Sel de la terre et la Lumière du monde.